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Changer le monde un geste à la fois

Les voyages forment la jeunesse. Anne Loranger-King est bien placée pour en témoigner. Cette jeune Québécoise qui aura 28 ans demain compte déjà 3 voya­ges de coopération à son actif et fait maintenant profiter les autres de son expérience en travaillant com­me formatrice à l’organisme Mer et Monde.

«Ça a toujours fait partie de moi, ce désir de découvrir le monde, de changer un peu les choses, un geste à la fois», raconte la jeune femme qui a grandi dans une famille plutôt militante.

Après avoir complété un baccalauréat en études inter­nationales, Mme Loranger-King a senti le besoin d’ajouter un aspect plus concret à sa formation. Elle a donc participé à son premier voyage de coopération au Brésil.

La jeune femme a en­suite complété une maîtrise sur les coopératives et le commerce équitable, pour la­quelle elle a fait un séjour de deux mois au Guatemala afin d’y effectuer une étude de cas. Ayant sa maîtrise en poche depuis août dernier et comptant un autre voyage de coopération à son actif, cette fois au Hon­duras, elle se consacre maintenant pleinement à son travail de formatrice à Mer et Monde.

Mer et Monde, pour une première expérience

«Mer et monde, c’est un organisme d’initiation à la coopération internationale», expli­que Mme Loranger-King. L’orga­nisme envoie chaque année des gens de 16 à 75 ans sur le terrain, au Honduras ou au Sénégal, pour qu’ils y fassent une première expérience de coopération internationale.

Et la formatrice insiste sur le fait que Mer et Monde, qui fête ses 10 ans cette année, n’est pas un organisme d’aide humanitaire, mais bien d’initiation à la coopération.

«Dans l’aide internationale, il y a souvent une tendance au paternalisme, ce qui est dangereux selon moi, fait-elle valoir. Les conflits naissent souvent d’une incompréhension. L’idée, à Mer et Monde, c’est de travailler la tolérance, de faire un partage interculturel plus qu’une expérience d’aide humanitaire.»

Elle souligne aussi l’importance de suivre une formation avant le départ afin de se préparer à un voyage de coopération. «C’est ce qui fait la différence, ce qui rend l’expérience sur le terrain plus significative.»  

Imparfait, le commerce équitable

En plus de découvrir une autre culture lors de son voyage au Guatemala dans le cadre de sa maîtrise, Anne Loranger-King a pris conscience de la présence de failles dans le commerce équitable.

«Le petit paysan du Sud doit se plier à énormément de critères dans le commerce équitable, alors que les contraintes sont beaucoup moins grandes pour le Nord, qui achète et vend le produit, explique-t-elle. C’est encore le Sud qui doit se plier aux conditions du Nord.»

Et avec la grande popularité des produits équitables, dont le marché connaît une croissance de 200 à 300 % par année, Mme Loranger-King souligne le danger que ce commerce s’éloigne de sa raison d’être et devienne simplement une façon pour les entreprises d’améliorer leur image et de vendre davantage.

«On doit poser des questions pour savoir d’où viennent les produits qu’on achète, propose la jeune fem­me. Si une entreprise vend un produit équitable, mais continue d’en faire fabriquer
d’autres en Chine très inéquitablement, on doit s’interroger sur les valeurs réelles que prône l’entreprise.»

Mme Loranger-King souligne donc l’importance d’éveiller notre conscience sociale. Celle qui envisage de compléter sa formation par un doctorat dans quelques années et qui aimerait effectuer son prochain voyage en Afrique continuera sans aucun doute à travailler à développer la tolérance et l’ouverture d’esprit… un petit geste à la fois.

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