Une campagne «propre» à moins de 200 000 $
Richard Bergeron le dit et le répète : sa campagne s’est faite avec de l’argent propre. Comme pour dissiper tous les doutes possibles, le chef de Projet Montréal a «ouvert ses livres» hier. En plus d’identifier tous les donateurs qui ont versé 100 $ ou plus depuis le 1er janvier 2009, Projet Montréal a précisé l’étendue de son budget.
«Les Montréalais ont le droit de savoir comment les partis sont financés, a affirmé le candidat à la mairie. On entend souvent dire que tous les partis sont pareils, mais à Projet Montréal, on veut démontrer le contraire. On met donc Louise Harel et Gérald Tremblay au défi [d’ouvrir leurs livres].»
Union Montréal, le parti du maire Tremblay, a refusé de dévoiler ses budgets, précisant qu’il s’agissait «d’information stratégique interne». Geneviève Hinse, directrice des communications pour le parti, a cependant assuré que «toutes les vérifications étaient faites pour s’assurer que les dépenses respectent les règles édictées par le Directeur général des élections.»
Au moment de mettre sous presse, Vision Montréal, parti dirigé par Louise Harel, n’avait pas précisé son intention.
Vérifications serrées
Jacques Boucher, l’agent officiel de Projet Montréal, a affirmé avoir fait toutes les vérifications nécessaires auprès des donateurs qui ont versé plus de 250 $ au parti afin de connaître leurs intentions et de leur faire comprendre qu’aucun don intéressé ne serait accepté.
Intrigué par le fait que 17 des 26 dons de 1 000 $ provenaient de candidats de Projet Montréal, Métro a questionné Richard Bergeron sur les vérifications faites à ce sujet.
«C’est normal qu’un candidat investisse dans son élection, a-t-il rappelé. À Projet Montréal, il n’y a aucune obligation de faire un don. De nombreux candidats n’ont pas fait de don et d’autres, qui sont dans des endroits où ils ont de fortes chances d’être élus, n’ont donné que quelques centaines de dollars. On tient pour acquis que l’argent vient de leur poche. Je ne vois pas pourquoi il en serait autrement.»
Budget limité
En date d’hier, Projet Montréal avait dépensé 160 555 $ pour sa campagne électorale. La publicité a accaparé la plus grosse part du gâteau, avec un total à ce jour de 109 864 $. Ces sommes proviennent principalement des dons, qui totalisent depuis le 1er janvier 167 352 $.
«On est loin des millions que dépensent Union et Vision Montréal, a lancé Jacques Boucher. Mais nous, on n’a rien à cacher et on n’a pas besoin de se cacher.»