2,5 M$ en dons pour Lac-Mégantic
Environ 2,5 M$ ont jusqu’à présent été récoltés par la Croix-Rouge canadienne afin d’aider les sinistrés de Lac-Mégantic avec du matériel d’urgence, de la nourriture et d’autres articles de première nécessité.
«Le téléphone ne dérougit pas, affirme Isabelle Paquette, porte-parole pour la division québécoise de la Croix-Rouge canadienne. On a dû ajouter un centre d’appel supplémentaire pour fournir à la demande». Il s’agit d’un succès sans précédent pour la Croix-Rouge. À titre comparatif, elle a amassé en trois jours davantage d’argent qu’en trois semaines pour les sinistrés des inondations de la Montérégie en 2011.
«La Croix-Rouge a très rapidement mis diverses plateformes – web, téléphone, sms – au service de la collecte de fonds», louange Daniel Asselin, expert en collecte de fonds et président de la firme de conseils en gestion philanthropique Épisode. «Si ça continue comme ça, ils pourront probablement aller chercher 5 M$», prédit-il.
On ne sait pas encore quelle proportion de cette aide provient de donateurs québécois versus le nombre de donateurs des autres provinces canadiennes. Les chiffres de certaines catastrophes passées laissent toutefois croire que la solidarité serait plus forte de la part des autres Québécois. Sur les 2 M$ amassés au Canada pour venir en aide aux inondés de la Montérégie en 2011, 1,8 M$ provenait de dons québécois. C’est donc un maigre 0,2 M$ qu’ont amassé ensemble les citoyens des autres provinces canadiennes.
«Plus la catastrophe est proche des gens, plus ils seront interpellés à faire un chèque», estime M. Asselin. C’est ce qui expliquerait que les Québécois soient plus susceptibles de faire des dons pour la tragédie de Lac-Mégantic que pour les inondations à Calgary, par exemple.
«Les gens du Québec donnent de façon très émotive, croit de son côté Mme Paquette. Il vont surtout donner s’ils connaissent des gens de Lac-Mégantic.» L’«effet wow» influencerait également nos comportements philanthropiques. «Lorsqu’il y a beaucoup de morts et de désolation, accompagnés d’une grande couverture médiatique, ça rentre dans l’esprit des gens», souligne M. Asselin.
Ces deux derniers facteurs peuvent notamment faire la lumière sur la générosité des Québécois à l’égard du séisme de 2010 en Haïti, qui avait fait plus de 230 000 mots et 300 000 blessés. Le Québec avait donné 66,2 M$, soit 26% des dons du Canada.
Compatissantes
IGA, Couche-Tard, Banque Nationale et le Mouvement Desjardins sont parmi les entreprises qui proposent à leurs clients de faire des dons pour la tragédie de Lac-Mégantic, promettant de reverser en totalité les sommes à la Croix-Rouge canadienne.