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Hervé Kempf: plaidoyer d’un objecteur de croissance

Photo: Lucie Bataille

Le cinquième rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GEIC) est attendu vendredi. Il donnera de nouvelles munitions à ceux qui, comme le journaliste Hervé Kempf, clament qu’il faut rapidement changer nos façons de faire.

«Le rapport va pour l’essentiel confirmer ce qui a été dit en 2007, lors du précédent rapport, mais avec encore plus de certitude quant au fait que les changements climatiques se poursuivent et qu’ils sont essentiellement liés à l’activité humaine», indique M. Kempf qui était à Montréal mardi pour donner une conférence à la Maison du développement durable.

Dans son plus récent ouvrage «Fin de l’Occident, naissance du monde», l’ancien journaliste au quotidien Le Monde envisage deux scénarios face à cette crise climatique, qui coïncide malheureusement avec une hausse incompatible de la consommation dans les économies émergentes.

«Dans le premier scénario, l’oligarchie des plus riches reste au pouvoir et continue de s’approprier les richesses collectives et est de plus en plus tentée par l’autoritarisme pour étouffer les mouvements qui contestent de plus en plus les inégalités sociales et l’accaparement des ressources», déclare M. Kempf. «L’actualité quotidienne nous montre que ce scénario est crédible», ajoute t-il en citant les arrestations de masse lors du printemps érable, l’affaire Snowden ou le fait que certains mouvements écologistes sont désormais, dans certains pays, considérés comme des gens dangereux.

«Dans un deuxième scénario, la population s’organise pour s’adapter aux nouvelles conditions historiques. Cela suppose de reprendre le contrôle sur les marchés financiers, de réduire notre consommation et d’écologiser l’économie. Les grosses voitures, les grosses maisons ce n’est pas souhaitable, la course sans fin à la croissance, ce n’est pas souhaitable», selon le journaliste qui se décrit comme un «objecteur de croissance».

Selon Reuters, le rapport du GIEC, qui sera présenté vendredi, estime que la hausse des températures pourrait atteindre 4,8oC d’ici la fin du siècle, soit bien au-delà de la limite des -2oC, à partir de laquelle les changements climatiques risqueraient de devenir irréversibles.

Le rapport contiendrait aussi des pistes de réflexion sur le ralentissement du réchauffement climatique, ajoute Reuters. Du grain à moudre pour ceux qui pensent que le réchauffement climatique est un phénomène naturel qui n’a pas pour principal cause, l’activité humaine.

Et les océans?

  • Selon le site internet Reporterre qu’a fondé Hervé Kempf, le rapport du GIEC prévoit deux scénarios pour la hausse du niveau des océans.
  • Le plus optimiste prévoit une hausse de 26 à 55cm d’ici 2100
  • Le plus pessimiste table sur une hausse de 45 à 82cm
  • Des estimations plus élevées qu’en 2007

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