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Dix ans de têtes rasées et d'émotions fortes

Perdre ses cheveux est souvent synonyme de maladie et de doute. Pour plusieurs enfants, perdre ses cheveux peut aussi être synonyme de drame personnel, de perte de confiance et d’isolement. Cependant, pour Serge Tremblay, perdre ses cheveux est devenu synonyme d’espoir.

Dix ans après avoir créé le Défi têtes rasées pour Leucan, l’homme d’affaires montérégien est parvenu à faire du crâne rasé une véritable tradition. L’événe­ment annuel a d’ailleurs connu une croissance impressionnante au cours de la dernière décennie.

Au départ, en 2001, Serge Tremblay avait amassé 10 500 $ en rasant 65 têtes. Neuf ans plus tard, un record de 4 M$ a été amassé grâce à 7 400 têtes rasées partout en province. Ces sommes ont permis d’aider des milliers d’enfants atteints du cancer. «C’est absolument incroyable, s’exclame Joanne Myers, directrice du développement financier de Leucan. La croissance du Défi a été phénoménale.»

Tous s’entendent cependant pour dire que le 10e anniversaire du Défi têtes rasées représentera un défi de taille pour les organisateurs, qui aimeraient bien atteindre de nouveau le cap des 4 M$. «La reprise économique n’est pas encore bien forte, les gens ont donné pour Haïti et ils continuent d’être sollicités chaque jour pour différentes causes, note Serge Tremblay. Pour le Défi têtes rasées, on a déjà dépassé tous les objectifs qu’on s’était fixés. Mais on veut toujours faire mieux que l’année précédente. Heureuse­ment, comme notre événement fait vivre des émotions fortes aux participants, je crois qu’il y aura toujours des gens qui voudront participer.»

Émotions fortes
Même si l’objectif ultime du Défi têtes rasées est d’amasser des fonds pour les enfants atteints du cancer, pour Leucan, l’expérience de vie qu’offre l’aventure est tout aussi importante. «Se raser les cheveux est une expérience très émotive, rappelle Mme Myers. Il s’agit d’une altération ma-jeure pour la majorité des gens, et plus encore pour les femmes. Plusieurs en sortent surpris, bouleversés et bousculés. Même ceux qui ne se font pas raser les cheveux vivent des émotions extraordinaires en soutenant ceux qui se lancent.»

«Pour les jeunes qui luttent contre la maladie, voir des gens se faire raser les cheveux, ça fait chaud au cÅ“ur, ajoute M. Tremblay. Ça leur dit aussi que ce n’est pas grave, en 2010, de perdre ses cheveux. Ça peut aussi aider les familles à dédramatiser la situation.» Serge Tremblay ne fait pas qu’encourager les gens à participer, il prêche aussi par l’exemple. Au cours des neuf dernières années, il s’est fait raser les cheveux à huit reprises.

«L’année dernière, je ne l’ai pas fait. Mon fils avait son bal de finissants et il a demandé à ce que son père ait des cheveux pour l’occasion», explique-t-il. Le créateur du Défi têtes rasées n’a pas encore décidé s’il célèbrera les 10 ans de l’événement en se faisant raser les cheveux, mais une chose est sûre : il sera au rendez-vous pour raser les courageux qui auront oseront  changer de look pour la cause.    

Pour plus d’information, visitez le site du Défi têtes rasées de Leucan.

La parole à Serge Tremblay, créateur du Défi têtes rasées de Leucan


Pourquoi avez-vous décidé, en 2001, de créer le Défi têtes rasées?

Comme tout le monde, j’avais beaucoup de gens autour de moi qui avaient le cancer. J’avais la chance d’avoir le comité de Leucan pour la Montérégie qui était dans ma ville, à Granby. J’ai un jour été invité à aller voir si je pouvais donner un coup de main. Quand je suis arrivé à la réunion, je me suis rendu compte que les dames qui formaient le comité étaient toutes plus intelligentes que moi et que je ne pouvais pas leur apporter grand-chose. Elles m’ont alors expliqué qu’elles étaient bonnes, mais qu’elles étaient incapables d’amasser de l’argent. Je leur ai dit que moi j’étais capable. C’est comme ça que j’ai lancé le Défi têtes rasées.

D’où est venue l’idée de demander aux gens de se raser la tête pour amasser des fonds?

À la base, je me suis mis à la place d’un père qui apprend que son enfant a le cancer. Je me suis demandé quelle serait la première chose que je ferais si mon enfant perdait ses cheveux à cause des traitements. La réponse était évidente : je me raserais les cheveux. C’est alors que je me suis dit : «Pourquoi je ne me ferais pas raser les cheveux, justement?» Ça me permettait de sensibiliser les gens à la cause et de faire participer mes amis qui voulaient se payer ma tête!

Quel a été le résultat de votre premier Défi?

Au départ, j’ai demandé au comité de Leucan le montant qu’il aimerait obtenir. On m’a répondu que 5 000 $ étaient récoltés chaque année et que si je pouvais amasser 10 000 $ de plus, ça leur permettrait d’offrir tous les services qu’il voulait offrir. Trois semaines et demie après cette rencontre, j’avais récolté 10 500 $ et rasé 65 têtes!

En 10 ans, votre Défi a permis d’amasser 16,5 M$ et de raser 31 900 têtes. Aviez-vous pensé que votre initiative prendrait une telle ampleur?
Au départ, je ne pouvais pas imaginer que ça grossirait à ce point. C’était censé être un événement local, organisé pour la Montérégie. C’est quand on a vu le succès obtenu qu’on s’est dit qu’il fallait aller plus loin.

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