Bras de fer
Un bras de fer s’engage entre Ottawa et les provinces. Comme un vieux disque brisé, les provinces veulent plus d’argent et le fédéral dit non.
Le noud du problème, l’entente sur la santé qui vient à échéance en 2014. John Flaherty a clairement laissé savoir que le fédéral ne serait pas aussi généreux que lors de la précédente entente. Lui qui avait pourtant dit que l’atteinte du déficit zéro ne se ferait par en coupant dans les transferts…
Le financement de la santé est un enjeu majeur. Plus les années passent, plus ce secteur occupe une place disproportionnée dans le budget des États. Ce n’est pas propre au Québec. Tous les gouvernements sont en quête de nouvelles sources de financements et de façons de faire pour livrer un service de qualité à la population. La démographie, la technologie et le coût des médicaments rendent l’équation de plus en plus difficile à résoudre.
Une des solutions souvent évoquée, mais jamais longuement discutée, consiste à revoir la loi canadienne sur la santé. Aller dans cette direction représente pour plusieurs Canadiens un bris des valeurs fondamentales du Canada. Pourtant, le système de santé universel, accessible et publique, marque de commerce du Canada, est plus un mythe qu’une réalité. Les attentes dans les urgences et l’émergence du secteur privé ne sont que l’illustration d’un système qui a atteint ses limites.
Il faut clairement repenser nos façons de faire, donner davantage de flexibilité aux établissements, décloisonner les professions de la santé. Il faut aussi se donner de la souplesse dans le financement si l’on veut être à même d’innover.
Le beau modèle canadien ne livre plus ses promesses. Et si rien n’est fait, il risque en plus de devenir inéquitable pour les générations futures. Au Conseil de la fédération, grand forum qui doit permettre aux provinces canadiennes de mettre leurs stratégies en commun, on ne parvient pas à trouver un consensus sur un dossier aussi simple que le recensement. On s’imagine mal comment tous les joueurs autour de la table parviendront à faire front commun en matière de santé, si ce n’est que pour réclamer plus d’argent.
En santé, tous les constats ont été faits. Les tablettes regorgent de rapports plus volumineux les uns que les autres. La marge de manouvre des provinces est limitée par la loi canadienne sur la santé, qu’il est impératif de moderniser. C’est la clé de voûte. Autrement, il faudra faire payer la facture par les générations futures.
– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.