Une opposition forte de Projet Montréal
Manifestement heureux des performances de son parti, qui a plus que doublé son nombre d’élus, c’est tout sourire que le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, est apparu sur la scène du Théâtre Corona un peu avant minuit, dimanche soir.
Malgré sa défaite à la mairie, M. Bergeron s’est dit fier du chemin parcouru par le parti qu’il a fondé il y a près de 10 ans.
«Avec autant d’élus, l’avenir de Montréal est entre les mains de Projet Montréal», a-t-il lancé entre les hurlements de joie des quelques 600 partisans présents au rassemblement de sa formation.
Au moment de mettre sous presse, la victoire de plus d’une vingtaine de conseillers et de quelques maires était confirmée, permettant à Projet Montréal de devenir l’opposition officielle.
«Je vous dirai d’ici 12 jours si je reste ou non, je réfléchirai à toutes les options», a-t-il dit comme mot de la fin, laissant son équipe dans l’incertitude. C’est que la seule candidate pouvant céder son siège au chef, Janine Krieber, menait encore, à l’heure du discours, une lutte serrée dans le district Saint-Jacques. Après plusieurs heures, elle a pris les devants sur le candidat de l’Équipe Denis Coderre, Philippe Schnobb, avec moins de 1% d’avance.
[pullquote]
M. Bergeron s’est adressé au nouveau maire, Denis Coderre, l’encourageant à intégrer dans les rangs de son comité exécutif des membres de Projet Montréal «s’il souhaite vraiment servir les citoyens».
Ferrandez et Croteau réélus
Les deux candidats-vedettes de Projet Montréal, Luc Ferrandez et François Croteau, ont été réélus pour une seconde fois à la tête des arrondissements du Plateau-Mont-Royal et de Rosemont–La Petite-Patrie.
Les conseillers des deux arrondissements ont tous été élu sous la bannière de Projet Montréal. «C’est une grande victoire, je suis convaincu que nous pourrons gouverner la Ville en 2017», a déclaré M. Croteau.
Constatant aussi avec déception la défaite de son chef, Luc Ferrandez, le maire du Plateau-Mont-Royal, s’est dit confiant que son parti «n’est pas mort», et qu’il continuera à occuper une place importante dans le paysage montréalais.
M. Ferrandez a vivement critiqué la couverture médiatique, qui a, selon lui, «sous-informé» la population en mettant constamment de l’emphase sur le mécontentement suscité par ses politiques d’apaisement de la circulation.
Résumé de la campagne
Même s’il a connu une baisse dans le dernier sondage, qui l’a fait passé de la deuxième à la troisième place, le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, demeure confiant de pouvoir accéder au poste de maire, dimanche soir.
Celui qui siège dans l’opposition depuis huit ans a martelé tout au long de la campagne électorale que son parti est le seul à être à la fois intègre et doté d’une expérience municipale crédible. À plusieurs reprises, M. Bergeron a fait valoir que son parti, créé il y a 10 ans, suit des règles de financement très strictes qui ont été élaborées par le juge John Gomery.
Projet Montréal a aussi marqué la campagne avec son thème récurrent de rétention des familles. Afin d’éviter l’exode vers les banlieues, le chef de la formation politique estime qu’il faut développer rapidement les transports collectifs et créer de nouveaux quartiers. Il a répété vouloir entamer la création de l’Entrée maritime, un quartier qui serait créé le long des berges, à l’Est du pont Jacques-Cartier, et qui permettrait à 12 500 Montréalais d’y vivre.
Si beaucoup d’analystes reconnaissent les qualités d’urbaniste de Richard Bergeron, plusieurs critiquent son projet de tramway. Ce projet, dont le coût est évalué à 1G$ pour les 15 premiers kilomètres, a toujours soulevé la controverse. M. Bergeron a lui-même admis en septembre qu’«aucun ingénieur, aucun décideur, et aucun fabricant n’ont dit que c’était possible», ajoutant du même souffle que lui croyait fermement en son projet.
Un autre projet qui semble semer le doute dans l’électorat est celui des mesures d’apaisement de la circulation, parfois jugées «drastiques». Plusieurs craignent que Projet Montréal entame un remodelage des rues, comme cela s’est fait dans l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal, où le maire Luc Ferrandez gouverne depuis quatre ans sous la bannière de Projet Montréal.
M. Ferrandez est d’ailleurs le seul élu de Projet Montréal a avoir eu des démêlés à saveur juridique. Il été accusé de détournement de fonds par un citoyen, qui a préféré garder l’anonymat. Le maire du Plateau a rapidement rejeté les accusations, qui concernaient l’utilisation de fonds publics pour financer l’organisme Plateau Milieu de vie à des fins partisanes.
Sondages
Rappelons que lors du premier sondage, réalisé par QMI, M. Bergeron arrivait deuxième derrière Denis Coderre, avec 23% de la faveur des répondants. Tout juste une semaine plus tard, le candidat a glissé à la troisième place dans les intentions de vote avec 21%, laissant l’avance à Mélanie Joly, qui a alors obtenu 24% des intentions de vote.
[mec_storify url= »http://storify.com/journalmetro/reactions-bergeron.js »]