Le Bloc veut un Québec uni
La stratégie du Bloc québécois pour les élections à venir est d’unir la province et non de la diviser, a soutenu dimanche le bloquiste Bernard Bigras, qui brigue un sixième mandat dans la circonscription de Rosemont-La-Petite-Patrie. Le candidat était accompagné de son chef, Gilles Duceppe, le temps d’une visite au marché Jean-Talon.
Bernard Bigras répondait ainsi au lieutenant politique du Parti conservateur au Québec, Christian Paradis, qui a accusé le Bloc, plus tôt hier, d’avoir adopté la stratégie exclusivement métropolitaine du chef libéral Michael Ignatieff.
M. Bigras a refuté les propos du candidat conservateur en réaffirmant que son parti fera campagne aussi bien à Montréal que dans les régions. «Les conservateurs ont toujours cherché à diviser les milieux urbains et les campagnes, a souligné le député sortant de Rosemont-La-Petite-Patrie. C’est une stratégie qu’ils ont déjà mise en place en Ontario et qu’ils cherchent à importer ici. Ce qu’on veut, nous, c’est unir le Québec.»
Par ailleurs, Bernard Bigras a mis en doute la crédibilité du ministre Paradis, responsable de la région de Montréal, qui ne se serait pas beaucoup montré en ville. Selon le député bloquiste sortant, le ministre Paradis ne serait pas compétent pour gérer la région métropolitaine. «Christian Paradis se permet de commenter la stratégie du Bloc au Québec, mais il est plus souvent à Ottawa qu’à Montréal, a-t-il fait remarquer. On va probablement le voir un peu plus souvent ces prochains jours, mais c’est juste pour les besoins de la campagne électorale. Il est évident que le rayonnement de la ville n’est pas une priorité pour le parti conservateur.»
De son côté, le chef bloquiste Gilles Duceppe a évoqué hier l’importance des élections du 2 mai prochain. «Je pense qu’on est chanceux d’avoir des élections, il faut que les Québécois aillent voter pour leurs intérêts», a-t-il déclaré. Plus tôt dans la matinée, il avait vivement critiqué les propos de Stephen Harper sur une possible coalition entre les néo-démocrates, les libéraux et les bloquistes.
Justin Trudeau sur la sellette
La candidate bloquiste de la circonscription de Papineau, Vivian Barbot, était elle aussi au marché Jean-Talon dimanche. Mme Barbot a qualifié son adversaire, le député libéral sortant Justin Trudeau, de «lisse, invisible et inodore». Selon elle, le fils de l’ancien premier ministre Pierre Elliott Trudeau serait davantage animé par ses ambitions de devenir premier ministre du Canada que par les besoins des habitants de la circonscription où il tente de se faire réélire.