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Télé, web et chasse aux sorcières

Photo: Monty Python and the Holy Grail, 1975

Le web est encore un mode de diffusion émergent. Pour faire court, c’est un média de jeunes* avec du contenu produit par, et pour eux. Un terreau fertile, très accessible et en perpétuelle mouvance.

*par jeunes, je parle des 30 ans et moins, environ

Bref, il se définit très difficilement.

La télé, elle, est plus traditionnelle. Ça fait un bail qu’elle est installée au sommet de la diffusion d’information et elle n’aime pas trop qu’on vienne picosser son acquis. Après tout, il y a de gros sous derrière l’entreprise et le partage n’est pas à la mode.

Quand l’un s’invite chez l’autre, la poussière lève et tourbillonne inévitablement.

Un bel exemple de tornade médiatique s’est produit cette semaine quand Tout le monde en parle a fait paraître sa liste d’invités pour l’émission de la semaine. Du bien beau monde de tous les milieux, comme d’habitude. Puis, sans distinction particulière, trois noms issus du web: Simon Jodoin, Gab Roy et Mathieu St-Onge.

Ça n’en prenait pas plus pour qu’une horde assoiffée de justice sorte ses vieilles bûches afin d’ériger un bon vieux bûcher avec, en guise de scène, Twitter et Facebook.

Ne nommons personne, histoire de ne pas obscurcir le débat, mais c’est tout de même fascinant de voir une réaction aussi vive avant même que l’entrevue ne soit enregistrée.

Pour la petite histoire, Simon Jodoin tire les ficelles chez Voir à titre de rédacteur en chef. Tout récemment, le portail trouble.voir.ca a vu le jour avec, en vedette, plusieurs artisans du web émergent. Parmi ceux-ci, Gab Roy et Mathieu St-Onge. Ça, c’est la petite histoire. Je vous épargne les billets injurieux, les chroniques assassines, les ripostes et les commentaires dans tous les sens depuis la naissance du projet.

Un (pas si) joyeux bordel!

L’équipe de TLMEP fait bien d’attraper au vol un buzz comme celui-ci, même si dans l’exercice elle l’exporte à l’extérieur de son médium de prédilection (le web) afin de l’exposer à un plus vaste auditoire (la télé). D’ailleurs, le nerf de la guerre se situe là. Les transporteurs de bûches blâment Guy A. Lepage et son équipe d’offrir du temps d’antenne à ces inconnus du web tandis que les consommateurs du médium émergent, eux, se réjouissent d’avoir la chance d’expliquer leur phénomène devant un grand public (la télé).

Ce qui bouscule avec le web et ses artisans, principalement, c’est l’absence de filtre. Quand on évacue les diffuseurs, distributeurs, compagnies et publicitaires de ce monde, l’expression se retrouve sans contrainte (ou presque) et souvent, ça déborde. Positivement et négativement, les excès sont au rendez-vous.

Il y a donc des munitions pour les deux clans alors que les opposants puiseront dans les mauvais coups et les partisans souligneront les bons. Soit on accepte l’exercice en étant conscient de ses risques de faux pas, soit on le repousse en bloc, se privant ainsi des perles qui s’y trouvent.

Voyez-vous comment le débat peut vite ressembler à deux groupes de citoyens, fourche à la main, s’enguirlandant afin de savoir si on allume ou non le brasier sous une sorcière impuissante?

Je vous invite donc à vous faire votre propre idée, dimanche, vous savez où. Pour avoir vu ces «délinquants du web» sur plusieurs plateformes, je peux vous assurer qu’ils sont loin d’être cons et, surtout, loin d’être insouciants de ce qu’ils font.

On peut difficilement endosser tout ce qu’ils produisent, mais ce serait un brin trop hermétique que de les faire taire sous prétexte que parfois ils disent des choses qu’on n’aime pas entendre.

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