Vers la fin du cynisme au Québec
Le directeur général pour le Québec de la Fondation David Suzuki, Karel Mayrand, croit que la période cynique et morose du Québec est révolue au profit d’une nouvelle ère. Dans son livre «Une voix pour la Terre» qui sera en libraire mercredi, Karel Mayrand invite les citoyens à devenir des «objecteurs de conscience» en plaçant l’environnement et le bien commun au centre de leur réflexion.
Alors que les indignés occupaient le Square-Victoria pour dénoncer les injustices sociales à l’automne, des opposants aux gaz de schiste faisaient reculer partiellement le gouvernement. Ces événements, qui se sont produits durant l’écriture de son livre, ont fait basculer le Québec, selon M. Mayrand.
Le proche collaborateur de l’environnementaliste David Suzuki est catégorique : le Québec est en bouillonnement. «Je ne sens pas de la morosité, mais une volonté de changement, affirme Karel Mayrand en entrevue avec Métro. Je n’aurais pas dit ça il y a un an, mais maintenant, les gens sentent que leurs valeurs ne sont pas représentées avec un gouvernement conservateur majoritaire et il y a un soulèvement des consciences.»
Le fruit de sa réflexion l’amène à croire que les citoyens devront activer le changement politique. Durant l’écriture de son livre, il s’est joint au metteur en scène Dominic Champagne, pour l’organisation d’une grande manifestation, qui aura lieu le 22 avril prochain, à l’occasion du Jour de la Terre.
[pullquote]
Il s’agit d’un point culminant pour la Fondation David Suzuki et le mouvement environnementaliste. «J’espère que l’environnement deviendra aussi important que d’autres enjeux comme les droits civiques aux États-Unis dans les années 1960 ou le mouvement des femmes au Québec dans les années 1970», ajoute M. Mayrand.
Devant les décisions qui misent sur le développement privé plutôt que sur le bien commun, l’auteur se dit en faveur de la désobéissance civile. «Je ne reconnais pas les décisions et les lois des gouvernements qui ont pour unique but de profiter à des intérêts particuliers au détriment des intérêts collectifs», écrit-il.
Son raisonnement va jusqu’à ébranler les assises de notre modèle économique. Comme David Suzuki, il propose de faire table rase d’une idéologie qui vise à «nous satisfaire à court terme».