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Soirée Avant_Mutek …avant Mutek

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Performance lors d'une précédente édition de Mutek Photo: Métro
Michael-Oliver Harding et Natalia Wysocka - Métro

Les maniaques de musique électronique qui attendent avec impatience leur festival favori – qui se tiendra cette année du 30 mai au 3 juin – auront de quoi se mettre sous la dent avec la soirée Avant_Mutek. Entretien avec l’Allemand Pole et le Polonais Jacaszek, deux artistes qui se retrouveront sous le dôme de la SAT ce soir, dès 22 h.

  • Pole

Depuis la parution de sa trilogie d’albums intitulés 1, 2 et 3 à la fin des années 1990, le producteur allemand Stefan Betke, alias Pole, repousse les limites du dub électronique. Ses univers acoustiques sont tantôt minimalistes, tantôt grondants de dissonances glitch, toujours fort évocateurs. Après avoir lancé la défunte empreinte culte ~ scape (une référence en matière de techno et autres crépitements dub), voilà qu’il lançait l’an dernier un EP plus atmosphérique et dense sous son nouveau label pole. Entretien avec l’une des figures de proue de la culture électronique.

Votre label ~ scape a signé des grands noms de l’avant-garde électro, dont le Canadien Deadbeat. Votre brochette d’artistes ratissait très large… Quel type de producteurs recherchiez-vous?
C’était assez libre. Nous voulions collaborer avec des artistes créant une musique unique, intense et inédite. Après qu’on a eu lancé Loop-finding-jazz-records, de Jan Jelinek, on a commencé à recevoir des tas de démos qui s’apparentaient à Loop-finding-jazz-records! Mais nous ne voulions pas de clones; nous étions bien satisfaits de celui qui faisait déjà partie de la famille!

Votre carrière témoigne d’un souci d’éviter à tout prix l’inertie. Après vos premières parutions, plus minimalistes, vous avez pris une tangente résolument dancefloor, avant de revenir à l’abstraction dub. Sentiez-vous le besoin de renouer avec vos premières amours?
C’est vrai que j’ai voulu ajouter l’élément dancefloor à mes compositions. Si c’était réussi par contre, je ne saurais vous le dire. Je me suis ensuite réorienté vers des compositions plus contemplatives, ne dépassant jamais les 80 bpm (beats per minute). Pas tant pour la grosse boîte à 4 h du mat, mais plutôt pour une écoute attentive en début de soirée!

Vous donnez souvent des conféren-ces pour discuter de votre expertise. Est-ce important pour vous de partager vos connaissances?
Certainement! C’est important de transmettre tout ce bagage d’acquis, autrement tout sera perdu à ma mort! Je ne suis surtout pas du genre à vouloir garder mes trucs secrets…

  • Jacaszek

Animé par un idéal de pure beauté, le Polonais Jacaszek crée des sonorités classiques et baroques, que plusieurs ont qualifiées de sublimes. S’entourant de musiciens acoustiques qu’il fait traverser dans le spectre électronique, Jacaszek construit des ambiances fragiles, poignantes. Sa discographie comporte déjà plusieurs titres, mais c’est avec son dernier disque, Glimmer, paru sous la réputée étiquette Ghostly International, que l’artiste s’est davantage fait connaître sur la scène mondiale. Il nous parle avec sincérité de son œuvre, qui combine avec finesse électro et classique, pour un résultat distingué.

Votre musique a été qualifiée de «belle» dans le sens de «magnifique» par une multitude de critiques. Percevez-vous votre travail de la même façon?
En fait, c’est un des buts que je me suis assignés : faire de la belle musique. Reste que tout dépend de la façon dont on perçoit la beauté. Si on la prend au sérieux et qu’on la considère comme quelque chose de très précieux, de supérieur, c’est un grand compliment pour moi, de me faire dire que je fais de la «belle» musique. Mais je ne veux pas simplement créer quelque chose de «joli»; je suis quand même ambitieux! (Rires)

Qu’est-ce que la beauté pour vous?
C’est un terme tellement complexe! Pour moi, la beauté, c’est la musique qui donne de l’espoir, qui rend heureux. Pas dans le sens hop-la-vie, mais plutôt dans un sens de bonheur métaphysique. Bach faisait ce genre de musique! En écoutant ses compositions, il m’est déjà arrivé de croire que tous les problèmes du monde étaient résolus. Que tout irait bien. Ça, c’est la beauté à laquelle j’aspire. Mais je suis réaliste. Je sais que Glimmer, c’est seulement un tout petit pas microscopique de rien du tout en ce sens.

Vous n’avez pas de formation musicale, mais vous avez étudié en restauration de l’art. Est-ce que cela a influencé votre son?
Assurément. J’ai toujours été fasciné par l’art ancien et je crois que des traces de cette passion se retrouvent dans mes disques. Depuis longtemps, je me sens lié aux artistes baroques. Une connexion que je transpose maintenant dans mes compositions…

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