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Inégalité dans les écoles du Québec

Les audiences publiques sur le projet de Charte des valeurs se sont entamées le 14 janvier et déjà les institutions d’éducation publiques ont exposé plusieurs problèmes que ce projet de loi pourrait engendrer.

La commission scolaire English-Montréal (CSEM) a ouvertement dénoncé le projet de Loi 60, car « la mission de la CSEM est d’appuyer les efforts déployés par ses écoles et centres pour éduquer des élèves au sein d’une communauté d’apprentissage attentionnée, sécuritaire et inclusive. […] Par conséquent, les objectifs du projet de Loi 60 ne sont pas cohérents avec la mission et les valeurs de la CSEM », est-il écrit dans le mémoire de la CSEM.

Elle affirme que le projet de Charte du Parti québécois contrevient à l’article 4 de la Charte québécoise des droits et des libertés, qui stipule que « toute personne a le droit à la sauvegarde de sa dignité, de son honneur et de sa réputation ».

« Nous la considérons comme un affront aux droits et à la dignité humaine et nous croyons qu’elle transmet un message qui est opposé à celui que nous essayons de transmettre chaque jour à nos élèves », est-il indiqué dans le mémoire de la CSEM.

La commission scolaire de Montréal, qui a salué la proposition du gouvernement invitant ses institutions à la plus grande neutralité sur le plan religieux, n’a pas pris position.

« En tant qu’institution publique, on ne veut pas se prononcer pour ou contre. C’est un débat de société important. On veut faire valoir aux élus les problématiques qu’on voit émerger dans ce projet de loi », souligne la présidente de la CSDM, Catherine Harel-Bourdon.

La CSDM a soulevé le manque de ressources financières et administratives ainsi que le manque de clarté dans l’application du projet de loi.

« On ne veut pas que nos directions d’écoles passent moins de temps à la pédagogie et à la communication avec parents et élèves pour faire plus de gestion de ressources humaines. La priorité, c’est la réussite scolaire des élèves », soutient Mme Harel-Bourdon.

Un des éléments que dénoncent les deux institutions scolaires touche les écoles privées. Ces dernières n’ont pas l’obligation d’appliquer le projet de Loi 60, contrairement aux établissements publics.

« Pourquoi, s’il y a adoption du projet de loi, ça s’applique seulement aux écoles publiques? C’est un élément qui nous dérange énormément. On a déjà un système à deux vitesses pour l’aspect financier. On ne voudrait pas avoir un système à deux vitesses pour le vivre ensemble.

« Il ne faudrait pas que des élèves s’en aillent vers le privé et que ça les ghettoïse. On pense qu’on a un grand rôle dans l’intégration des familles immigrantes, à Montréal et que c’est cette mixité-là qui fait en sorte que nos élèves peuvent avoir un climat social agréable avec toutes sortes de références culturelles et religieuses. Cela doit se faire dans un esprit laïque et d’éducation où on intègre tout le monde à la culture et aux valeurs québécoises », maintient la présidente de la CSDM.

« Si le projet de Loi 60 entraîne une augmentation des inscriptions aux écoles privées, ceci entretiendrait des cellules d’environnement religieux au lieu d’une société avec une plus grande compréhension et acceptation de différentes traditions et coutumes religieuses », fait valoir la CSEM.

Les consultations publiques, auxquelles participeront la CSDM, se poursuivront pendant encore quelques mois.

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