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Maladie mentale: s'entraider pour s'en sortir

Desjardins Josianne - TC Media
Le cheval de bataille du Centre d’activités pour le maintien et l’équilibre émotionnel de Montréal-Nord (CAMÉÉ), c’est l’entraide. Aussi simple que cela puisse paraitre, beaucoup de personnes aux prises avec une maladie mentale souffrent en silence.

Plusieurs membres de l’organisme de Montréal-Nord se sont réunis lors du lancement du DVD sur l’entraide en santé mentale, produit par le Regroupement des ressources alternatives en santé mentale du Québec, le 28 août. Sous forme de capsules, la vidéo a pour but de faire connaître cette pratique alternative, bien implantée au CAMÉÉ depuis près de 27 ans.

Par l’entremise d’activités et de rencontres, l’organisme cherche à ce que ses membres brisent l’isolement en créant des liens de solidarité entre eux.

« Les gens ont plus le réflexe d’aller chercher de l’aide que de se tourner vers l’entraide. Pourtant, c’est important de se sentir utile et de faire confiance aux gens prêts à aider, après avoir traversé des épreuves semblables. Ils peuvent nous apporter quelque chose de plus qu’un professionnel », fait valoir Jean-Nicolas Ouellet, coordonnateur du CAMÉÉ.

C’est pourquoi plusieurs membres font du bénévolat auprès de l’organisme, en animant divers ateliers (sur l’art, l’anxiété etc.), en organisant des activités ou en offrant un service d’accompagnement (rendez-vous chez le médecin, faire l’épicerie etc.) ou d’aide pour effectuer des tâches ménagères, par exemple.

« Quand tu sors de l’hôpital, t’as pas envie de faire le ménage à la maison. Et quand tu es à l’hôpital, tu as envie que quelqu’un s’occupe de ton chat. Ce genre de service peut donner un sérieux coup de main », estime M. Ouellet.

Certains membres effectuent aussi des visites de solidarité à l’hôpital, surtout lorsque l’un des leur ne reçoit pas de visite de son entourage. « Ce n’est pas une maladie noble et souvent, ça fait peur », déplore-t-il.

Se sentir compris

Autant le DVD que les activités de l’organisme se veulent des outils de prévention, afin d’éviter que les personnes aux prises avec une maladie mentale se retrouvent à l’hôpital. Pour certains, le CAMÉÉ a été, en quelque sorte, une bouée de sauvetage.

« Si je n’étais pas venu ici, je ne sais pas si je serais encore là aujourd’hui. On grandi à travers tout ça et on se sent moins seuls », témoigne Pierrette, l’une des six membres qui a participé au tournage du DVD.

« On est capable d’être compris par des gens qui ont vécu la même chose. Pour moi, c’est très important », souligne pour sa part Nancy, une des membres de l’organisme.

Joseph, un autre membre, se sent rassuré de savoir qu’il peut parler à quelqu’un lorsque ça ne tourne pas rond. « Des fois, je ne me sens pas bien en après-midi ou la fin de semaine. Heureusement, je sais que je peux appeler quelqu’un, un ami », explique-t-il avec émotion.

Financement insuffisant

M. Ouellet considère que l’enveloppe budgétaire que le gouvernement dédie aux organismes d’aide en santé mentale est trop mince.

En 2004, le gouvernement s’était fixé un objectif de consacrer 10 % de son budget en santé mentale aux organismes de proximité à Montréal, alors qu’en 2012, la proportion était seulement d’environ 5 %, déplore-t-il.

« Il y a beaucoup d’argent dans le système qui sert à la gestion, alors que ce serait mieux d’investir davantage dans des soins », juge M. Ouellet.

Le CAMÉÉ accueille environ 110 membres annuellement. Pour information: 514 327-3035, 11 700, avenue l’Archevêque ou www.camee.ca.

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