Le tricot, c'est le fun !
«On veut montrer que l’on peut se réapproprier le tricot, pas uniquement pour s’habiller», explique Karine, alias Tricot-Pirate. Elle est membre de ce collectif composé de cinq tricoteuses, soit elle et Dinette, Tricot pour la paix, Pixie Knit et Mimi Traillette. Des noms d’artistes qui nous éloignent de l’image de la grand-mère qui tricote un pull pour sa petite fille à naitre devant sa cheminée par un après-midi d’hiver.
Les Ville-Laines ont décidé de faire du tricot un moyen de lutte contre la grisaille urbaine. Elles se donnent pour moyen le graffiti-tricot. Ce concept signifie recouvrir des éléments du mobilier urbain avec des pièces tricotées ou des morceaux de tissus. C’est taguer les lieux, sans détériorer ou salir. «On se prépare à couvrir cinquante lampadaires cet été», signale Tricot-Pirate. Elles pensent que couvrir un poteau de textiles change la perception que le public peut avoir d’un élément de mobilier public.
Selon Tricot-Pirate, le tricot est aussi un moyen de socialisation. Pour le prouver, elle et ses comparses organisent à la TOHU, le 8 juin, une manifestation à l’occasion de la Journée mondiale du tricot. À l’occasion de cet événement, de nombreuses tricoteuses et des tricoteurs envahiront la TOHU. Initiation et échange de bons procédés au programme. «Nous acceptons aussi les dons de laine et les bouts tricotés», indiquent les Ville-laines sur leur page Facebook.
Un message tricoté
Il y’a bien entendu, derrière la laine et le tricotage, une idée. «C’est une critique de la société de consommation et une manière de promouvoir le faites le vous-même», explique Tricot-Pirate.
En tant qu’artistes, les Ville-Laines tentent de changer la perception du tricot chez le public. «Quand j’étais enceinte, je tricotais dans le bus et les gens autour de moi croyaient que je faisais des chandails pour le bébé à venir», raconte Tricot-Pirate.
Les Ville-Laines veulent attirer l’attention du public sur des enjeux sociaux. Elles questionnent l’opinion en recourant dans leurs œuvres à l’habillage des objets courants. Elles montrent ce qu’elles font par les installations et les performances dont la thématique est toujours la laine ou les textiles.
En bref, les Ville-Laines tricotent pour l’art et des causes qui leurs tiennent à cœur. «Nous allons couvrir une voiture pour protester contre la F1», indique Tricot-Pirate, improvisée porte-parole du collectif.
Depuis leur formation en 2011, les Ville-Laines ont mené de nombreuses batailles politiques et culturelles. Elles ont participé aux Journées de la culture, au Festival d’expression de la rue, Osheaga, au festival Twist et Art Souterrain.