Les propriétaires de bars craignent les dérapages
Certains propriétaires de bars s’opposent à l’assouplissement des règles concernant la présence des mineurs sur les terrasses de bars.
Actuellement, la Loi sur les permis d’alcool indique qu’un mineur peut être présent sur la terrasse d’un bar jusqu’à 20h, mais sous supervision parentale. Une disposition du projet de loi 68 viendrait allonger la durée de l’heure tolérée à 23h, mais surtout assouplirait la notion de supervision. Le projet de loi déposé mardi est parrainé par le ministre de la Sécurité publique, Robert Dutil
Si la Corporation des propriétaires de bars du Québec ne s’oppose pas à l’extension de l’heure tolérée, elle refuse de devoir exercer la surveillance qui devrait normalement incomber aux parents. «Ce que le ministre Dutil propose, c’est de permettre à un ou plusieurs jeunes, n’ayant pas encore l’âge légal de consommer, de fréquenter la terrasse d’un bar sans aucune surveillance parentale jusqu’à 23h, pour autant qu’ils soient accompagnés par un adulte (de 18 ans et plus), quel qu’il soit», déplore Renaud Poulin, président de la Corporation des propriétaires de bars, brasseries et tavernes du Québec (CPBBTQ).
Sa corporation craint que cela ne favorise les beuveries entre jeunes, si au moins l’un d’eux est majeur. Il ajoute que cette mesure irait à l’encontre de la politique de tolérance zéro concernant la consommation d’alcool pour les conducteurs de moins de 22 ans. Un avis partagé par l’organisme Éduc’alcool qui appelle à la correction de cet article controversé lors du processus parlementaire.
Le projet de loi 68 vise plus globalement à assouplir les règles imposées aux détenteurs de permis. Il sera aussi possible de ramener sa bouteille entamée à la maison si elle est fermée hermétiquement et l’obligation de manger pour consommer de l’alcool sera assouplie. En contrepartie, la loi sera plus restrictive pour les propriétaires ayant un casier judiciaire et forcera les établissements à ajouter un volet de formation pour tout le personnel qui sert de l’alcool. Des modifications globalement bien reçues par les acteurs secteur.
Réponse du ministre
«Le ministère reste ouvert à des changements s’il permettent de bonifier le projet de loi», répond l’attaché de presse du ministre Dutil, Mathieu St-Pierre qui ajoute que différents groupes seront entendus dans le cadre de consultations particulières.