L'intégration sous le regard de la caméra
Tout a commencé sous l’impulsion notamment d’un professeur de géopolitique, Samer Kachami, qui a lui-même, vécu le processus d’intégration à la société québécoise.
Silence on tourne!
Ce projet s’est construit pendant le cours de M. Kachami. Souhaitant intéresser ses élèves, il leur a demandé de former des équipes de quatre ou cinq participants et de produire un vidéoreportage sur la réalité des immigrants de Montréal . Plusieurs thèmes devaient être abordés, notamment celui de la cellule familiale et les difficultés de leur intégration à Montréal.
Les trois meilleurs vidéos ont été présentés le 4 juin à l’école de Saint-Laurent. Ils sont également disponibles sur YouTube. Dans le cadre de ce projet, 40 communautés différentes ont été étudiées par ces jeunes laurentiens.
L’objectif était de créer des liens et d’ouvrir les canaux de communication entre les Montréalais de toute origine. Ce projet a permis aux élèves de voir comment les autres communautés s’intègrent et quelles sont leurs caractéristiques.
De multiculturalisme à interculturalisme
«Je viens de la communauté égyptienne », raconte le professeur. La question de l’intégration lui tient à cœur. «Je me suis intégré, il fallait que je m’intègre afin que je puisse bien être au fait des débats de société et pouvoir participer pleinement à cette société», dit-il.
Selon lui cette adaptation au Québec ne doit pas se faire par un processus d’assimilation. «Je veux qu’on s’intègre, mais je suis contre l’assimilation, on a chacun nos valeurs. Ici nos valeurs peuvent être mises à rude épreuve et en questionnant nos valeurs on prend le meilleur des deux», confie-t-il.
Ainsi, ce projet ne s’inscrit pas dans une perspective multiculturalisme, mais plutôt dans une optique d’interculturalisme. Dans une société où les enfants de familles immigrantes sont plus québécois que leurs parents, M. Kachimi croit que le débat sur le multiculturalisme est dépassé. Les nouvelles questions alimentant ce débat s’articuleraient autour de la manière dont les communautés s’intègrent. C’est cette philosophie qui a inspiré le nom du projet Mon pays, ici.
Le professeur qui devient l’élève
Les reportages se sont révélés être une mine d’information. Ces vidéos offrent un regard interne sur certaines problématiques que vivent les familles immigrantes. M. Kachimi affirme avoir beaucoup appris sur la communauté moldave et philippine. «Il a beaucoup à apprendre d’eux» dit le professeur à propos de ses élèves.