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Après Enbridge, Coderre met la pression sur TransCanada

Photo: Archives Métro

Denis Coderre demande à l’Office national de l’énergie (ONÉ) de suspendre l’étude du projet de pipeline Énergie Est de TransCanada le temps que l’entreprise fournisse les documents manquants.

«On veut bien faire du développement économique, mais pas à n’importe quel prix», a déclaré jeudi le maire qui agissait à titre de président de la Communauté métropolitain de Montréal (CMM). Mercredi, le maire avait égratigné un autre projet, celui d’inversement du pipeline 9B d’Enbridge. M. Coderre a souligné plusieurs lacunes à ces projets. Voici les principaux irritants.

  1. Caractériser les cours d’eau. Les municipalités de la CMM s’attendent à recevoir des cartes qui indiquent où les pipelines franchiront les cours d’eau. Elles veulent savoir en ces points quels sont les différents courants ainsi que les scénarios de dispersion en fonction des différents types de pétrole transportés. «Cela permettra à chaque municipalité de savoir de combien de temps elle dispose avant que sa prise d’eau potable soit touchée en cas de déversement», explique un responsable de la CMM. Il déplore le manque de précision des informations données dans les deux projets. «Les deux entreprises doivent nous convaincre qu’elles ont une note parfaite», a répété le maire Coderre qui déplore aussi certains choix technologiques faits par TransCanada pour les franchissements des cours d’eau qu’il juge risqués.
  2. Tracé et technologie. Pour Énergie Est, des élus de la CMM soulignent que le tracé étudié par l’Office national de l’énergie diffère parfois de plusieurs centaines de mètres avec le tracé présenté aux municipalités. «Et quand on veut obtenir des documents à jour, il faut signer des ententes de confidentialité. Ce n’est pas ça la transparence», déplore le maire de Mascouche Guillaume Tremblay. Autre inquiétude: où seront situées les vannes de sécurité pour stopper le flux en cas de problème? Les informations disponibles donnent la moyenne de leur répartition (13km), sans les localiser. Ça a pourtant son importance, car avec le flux envisagé, il coulera plusieurs milliers de litres par minute.
  3. Quels bienfaits? Les deux pipelines traverseront plusieurs municipalités. À Mascouche, ce sont 10 hectares de boisés qui seront démantelés. À Sainte-Anne-des-Plaines, c’est le franchissement de milieux humides qui pose problème. TransCanada utilisera aussi, sur une portion du tracé ontarien, un gazoduc qui sert actuellement à l’approvisionnement de Gaz Métro. «On veut savoir ce que ça va nous rapporter en échange comme retombées économiques», clame M. Coderre. Il souligne que les municipalités limitrophes n’arrivent pas à obtenir de plans détaillés de mesures d’urgence. Dans sa réponse, Enbridge renvoit à un document de 700 pages en anglais. La CMM veut des réponses précises à ses 12 pages de questions.
  4. TransCanada répond. Le porte-parole de l’entreprise albertaine Tim Duboyce souligne que «parmi le dossier de 30 000 pages soumis à l’ONÉ, des centaines, voire des milliers de pages, portent sur l’environnement, la sécurité ou les questions socio-économiques». Il précise que certains aspects liés notamment aux plans d’urgence peuvent faire l’objet d’une entente de confidentialité pour ne pas les compromettre. M Duboyce souligne aussi que les emplacements des vannes sont bel et bien précisés et que certains aspects du tracé varient selon les discussions, ce qui peut expliquer les changements. Il souligne enfin que le projet créera 4000 emplois durant la construction et que les retombées fiscales sont de 2G$ sur 20 ans.

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