Antarctique solo: Frédéric Dion s’approche de l’objectif
Si l’aventurier Frédéric Dion continue d’avancer au même rythme, il pourrait rejoindre le pôle Sud d’inaccessibilité, le point du continent Antarctique le plus éloigné de toute côte, avant dimanche.
Mercredi, au 24e jour de sa traversée, le jeune trifluvien avançait à une moyenne de 76km par jour, tracté par son kitesurf. Son quotidien n’est toutefois pas de tout repos.
«Pensez à la piste de ski alpin la plus bossue que vous connaissez, ajoutez un sac-à-dos de 20 livres sur vos épaules, et 20 pieds derrière vous, un traîneau avec votre plus gros “mononcle” dedans – qui n’aime pas se faire brasser -. Plus, un cerf-volant géant que vous devez manier avec parcimonie pour éviter de passer d’une vitesse de 5 à 40km en 2 secondes. Et finalement, trouvez le temps de garder un œil sur votre boussole au poignet», écrit-il sur son blogue.
Vendredi dernier, son kayak qui servait de traineau et de lit a finalement rendu l’âme, lui permettant ainsi de confirmer l’adage que les kayaks font de très mauvais traineaux. Profitant de vents porteurs, Frédéric a dévié pendant 270km pour récupérer le traineau laissé à une base de dépôt de carburant par un aventurier belge qui avait tenté le tour du pôle en 2012. On trouve définitivement de tout au pôle Sud, même des traineaux à 10 000$!
Cet écart de trajectoire complique toutefois son avancée, car les vents sont désormais de face. Mardi, les bourrasques qui soufflaient à plus de 60km/h ont fait baisser le thermomètre à -43C. «Je ne me voyais pas geler toute la journée. Je suis donc resté au chaud dans ma tente et j’ai appelé à la maison ce midi, ce que je ne fais habituellement que le samedi. Je suis content de voir que les filles vont bien et de constater que leur langage a évolué en si peu de temps. Ça m’a donné du courage», raconte le jeune homme qui a quand même parcouru 51km.
Une fois l’objectif atteint, Frédéric ne sera pas au bout de ses peines car il faudra continuer le plus loin possible pour limiter les coûts du rapatriement et éviter de faire exploser son budget d’expédition de 150 000$. «L’une des options serait de retourner au dépôt de carburant, mais je préfère prendre ça une étape à la fois. Avec les terrains difficiles que je traverse actuellement, une grosse chute et l’aventure s’arrête là», conclut-il à l’autre bout du fil.
S’il réussit, Frédéric Dion sera le premier à rejoindre le pôle Sud d’inaccessibilité en solitaire. Il sera aussi le plus rapide. Parmi les deux équipes à avoir réussi l’exploit, la plus rapide l’a fait en 55 jours.