Une nouvelle génération de conservateurs
OTTAWA — Après le refrain de campagne «Où est Joe Oliver?», voilà maintenant le tube «Découvrez Michelle Rempel» ou «Voilà Erin O’Toole».
Alors que le ministre des Finances Joe Oliver fait profil bas au cours de la présente campagne, tout comme le ministre des Affaires étrangères Rob Nicholson, d’autres figures montantes du clan conservateur tirent fort bien leur épingle du jeu.
On les voit notamment sur des plateaux de télévision nationaux et ils font même campagne au nom d’autres candidats.
Il y a fort à parier qu’ils feront partie d’un éventuel cabinet conservateur ou qu’ils auront des rôles proéminents dans un hypothétique cabinet fantôme.
Il s’agit notamment de Michelle Rempel, une ministre d’État pour la Diversification de l’économie de l’Ouest, du ministre des Anciens Combattants Erin O’Toole et du ministre de l’Immigration Chris Alexander, qui a été ébranlé par la récente crise des réfugiés syriens.
Des ministres d’expérience, dont Rona Ambrose, Tony Clement, Lisa Raitt et Maxime Bernier, ont également fait campagne à l’extérieur de leurs circonscriptions.
Quant au ministre de la Défense Jason Kenney, il est le seul conservateur, à l’exception du chef Stephen Harper, à pouvoir prendre la parole pour commenter la campagne dans son ensemble. Au Québec, Denis Lebel a mérité le même type de responsabilité.
La présente campagne est en train de donner un avant-goût du potentiel de chaque candidat. Un renouvellement dans les rangs conservateurs est inévitable, puisque plusieurs ministres de longue date ne se représentent pas devant les électeurs. Si Stephen Harper devait perdre cette élection, une course à la direction se profilera également assez rapidement.
L’ensemble des candidats de cette nouvelle génération de conservateurs sont d’ailleurs perçus comme étant de bons communicateurs.
La semaine dernière, Mme Rempel a réussi à faire ce que tout politicien rêve de réaliser: décontenancer complètement un adversaire et le faire sortir de sa ligne de parti.
«Quelle échappatoire fiscale allez-vous bloquer Jennifer, laquelle, et dans quelle mesure cela va affecter le budget?», a-t-elle lancé à la candidate néo-démocrate Jennifer Hollett à l’émission «Power and Politics» à l’antenne de CBC. Le plan fiscal du NPD promet d’épargner des fonds publics en colmatant des échappatoires fiscales.
Mme Hollett, visiblement ébranlée, a répondu de manière assez étrange: «Je suis ici pour parler du débat d’hier soir.»
Alors que certains candidats conservateurs se défilent devant les médias depuis le déclenchement de la campagne, Erin O’Toole s’est montré disponible pour répondre aux questions concernant les anciens combattants.
«Tous les partis veulent regarnir leurs rangs avec des gens de qualité. C’est de la bonne gestion organisationnelle et de la bonne gestion politique», a laissé tomber Regan Watts, un ancien conseiller et militant conservateur.
«Cela fait partie de l’équation. Lorsque de nouveaux visages arrivent en politique, surtout Erin avec son parcours comme vétéran et avocat, c’est exactement ce type de personnes qu’on veut recruter», a-t-il ajouté.
De son côté, Jason Kenney demeure l’une des figures dominantes de la campagne «secondaire» des conservateurs, se déplaçant de circonscription en circonscription à travers le pays pour encourager les candidats locaux et rencontrer des électeurs; un rôle qu’il avait déjà rempli avec succès en 2011.
Michele Austin, qui est conseillère principale auprès de la firme de consultants Summa Strategies d’Ottawa, indique que ces leaders conservateurs remplissent un rôle clé en motivant les candidats et leurs équipes à travers le pays.
«L’une des questions les plus posées par de nouveaux candidats est « Est-ce que je m’y prends comme il faut quand je fais du porte-à-porte? »», rapporte Mme Austin, qui évoluait autrefois dans les équipes des ministres Ambrose et Bernier.
«Ils ont besoin d’être rassurés sur ce qu’ils font comme candidat, mais également sur la manière dont ils délivrent le message du parti», explique-t-elle.