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Dubé s’attaque au cas des médecins de famille

Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé
Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé Photo: Josie Desmarais/Métro

Le ministre de la Santé Christian Dubé dépose son projet de loi pour «augmenter l’offre des services de première ligne par les médecins omnipraticiens et améliorer la gestion de l’offre». Ces praticiens se verront obligés de prendre en charge des patients inscrits au guichet gouvernemental.

Le projet de loi permet également à la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ) de transmettre aux gestionnaires des CISSS et des CIUSSS des données nécessaires à la planification des effectifs sur le terrain. «L’enjeu, c’est que je ne suis pas capable de prendre cette information-là que, moi, j’ai, en tant que ministre, et de la partager avec mes collègues du ministère dans leur gestion quotidienne», explique Christian Dubé.

Par le fait même, Québec s’octroie le droit de «déterminer le pourcentage des plages horaires de disponibilité d’un médecin qui doivent être offertes du lundi au vendredi, avant 8 h et après 19 h, ainsi que le samedi et le dimanche».«Il n’y a pas de coercition, là-dedans, il n’y a pas de mesure de punition, il n’y a rien de ça. Ce que c’est, en fait, c’est un canevas de travail sur lequel on va s’entendre avec les médecins pour travailler ensemble», explique Christian Dubé.

Les médecins devront désormais ajouter leurs patients dans un Guichet d’accès à un médecin de famille, ainsi que de demeurer disponible pour des patients assurés par la RAMQ.

«Si vous croyez dans les mesures qu’on est en train de mettre en place, s’il vous plaît, si vous n’êtes pas déjà inscrit, allez vous inscrire sur le guichet d’accès, parce que c’est le temps de le faire», demande Christian Dubé.

Sous surveillance

Selon le député de Rosemont Vincent Marissal, le projet de loi annoncé n’est que le prolongement des actions posées par l’ex-ministre de la Santé, Gaétan Barrette, lors de l’adoption du projet de loi 20 sur l’accès aux médecins. «On semble vouloir reprendre les recettes de Gaétan Barrette notamment en centralisant énormément le contrôle sur les médecins de famille», lance M. Marissal.

Demander l’accès aux données propres au médecins est un «relent de Big Brother», explique-t-il. Le plan n’implique aucune solution pour que des médecins de famille supplémentaires se retrouvent sur le terrain, ajoute M. Marissal.

Du côté du Parti québécois (PQ), on se demande si le gouvernement a laissé tombé pour de bon l’idée de revoir la rémunération des médecins omnipraticiens. La volonté de l’administration Legault de vouloir adopter une approche collaborative est toutefois saluée.

«Ce qui est remarquable, c’est que le gouvernement semble abandonner l’approche de la coercition pour tendre la main en se donnant tous les moyens de négocier avec toutes les informations en main», commente le porte-parole en matière de Santé, Joël Arseneau.

Au Québec, environ 1 500 000 citoyens se trouvent sans médecins de famille, selon l’estimation du ministre Christian Dubé. Le gouvernement avait promis que tous les Québécois auraient accès à un médecin de famille d’ici les prochaines élections, en 2022. Pour ce faire, on estime que les médecins doivent prendre en charge un minimum de 1000 patients.

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