Montréal

Le SPVM encore dans la tourmente

Bernard Lamothe SPVM Quartier général
Photo: Denis Beaumont/Archives Métro

Accusé notamment de falsification de preuves, le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), en plein trouble, est dans la mire des différents partis politiques montréalais et provinciaux.

Après les révélations dévoilées mardi soir par l’émission J.E., dans laquelle d’ex-policiers dénoncent, preuves en main, de faux rapports et la fabrication d’allégations au sein du service des enquêtes internes du SPVM, celui-ci traverse une nouvelle crise, quelques semaines après le scandale concernant l’espionnage de plusieurs journalistes.

Alors que le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, et Philippe Pichet, le patron du SPVM, ont demandé à la Sûreté du Québec d’intervenir, la Fraternité des policiers évoque «un profond redressement» nécessaire. «Personne ne peut prétendre qu’il n’y a pas de problème et nous demandons au ministre de prendre les moyens pour le régler», a déclaré dans un communiqué André Gendron, vice-président du syndicat.

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«Crise de confiance grave»
Du côté de Québec solidaire, on évoque une «crise de confiance grave» et une situation «déplorable». «Voilà 10 ans qu’il règne au SPVM une culture malsaine qui permet aux scandales de se multiplier. La confiance de la population envers l’ordre ne cesse de s’effriter», estime le député Amir Khadir.

Ce dernier dénonce un «climat général d’impunité» dans les hautes sphères du corps de police montréalais. Un sentiment partagé par Projet Montréal, visant notamment le maire de Montréal, qui a une part prépondérante dans la nomination du chef de la police.

«Il y a une culture du secret qui est défendue par Denis Coderre et ses prédécesseurs, raille Alex Norris. Cette culture se répercute dans tous les rangs de l’organisation et donne lieu à des clans, des rivalités et au non respect des règles établies. On a vraiment besoin de plus de transparence.»

«Sil faut faire le ménage, quon fasse le ménage»
Alors que l’opposition montréalaise réclame «en urgence» une réunion de la Commission de la sécurité publique «pour y entendre Philippe Pichet et ses adjoints», Denis Coderre se veut plus mesuré. «Je ne vois pas la pertinence actuellement. On va laisser les policiers faire leur travail. Ce qui important, c’est de faire toute la lumière là-dessus», répond le maire.

Ce dernier ne s’inquiète pas de l’image projetée par le SPVM dans l’opinion publique, dénoncée par différents partis. «L’important, c’est d’être transparent. Ces faits troublants demandent une réaction et une action. C’est exactement ce qui a été fait», précise le maire de Montréal indiquant néanmoins être prêt à prendre des actions selon les résultats de l’enquête de la SQ.

«S’il faut faire le ménage, qu’on fasse le ménage», conclut Denis Coderre.

Le BEI nenquêtera pas

Cette enquête sera confiée à la Sûreté du Québec et non au Bureau des enquêtes indépendantes. Pourquoi?

  • En activité depuis juin 2016, le BEI a comme mandat principal d’enquêter lorsqu’un citoyen est touché au cours d’une intervention policière. Il peut néanmoins, «dans des cas exceptionnels», se voir confier par le ministre de la Sécurité publique tout autre enquête impliquant un agent de la paix.
  • Le Parti québécois et Coalition avenir Québec ne souhaitent pas voir la police enquêter sur la police. Le premier ministre Philippe Couillard a réfuté ces demandes, indiquant que le BEI n’avait pas ce mandat-là. «On doit faire confiance à la SQ», a-t-il déclaré.

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