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L’état des infrastructures montréalaises ne s’améliore pas

Photo: Charles Paquette/Métro

Le nombre de ponts, tunnels et autres structures montréalaises jugées critiques a plus que doublé au cours de la dernière année, passant de 12 à 27.

De ce nombre, trois étaient dans un état qualifié de «bon» en 2011. La ville juge cependant que, dans l’ensemble, l’état des ses structures est stable. Dans son deuxième rapport public depuis l’effondrement des paralumes du tunnel de l’autoroute Ville-Marie, on note que parmi les 587 structures sous la responsabilité de la Ville de Montréal, trois structures sur dix portent les mentions détériorés (79), médiocres (38), déficients (25) et critiques (27). Du lot, huit sont fermées et 20 ouvertes avec restrictions.

Ce sont seulement ces structures qui présenteraient des dangers, rassure Richard Deschamps, vice-président du comité exécutif de la Ville de Montréal. «Les structures critiques ne sont pas nécessairement dangereuses», a-t-il martelé à plusieurs reprises.

Plus d’une douzaine de travaux sont prévus au cours des trois prochaines années qui devraient coûter environ 108 millions de dollars. Une somme moins importante que ce qui avait été annoncé l’année dernière, alors que 157 millions devaient être investis en quatre ans. M. Deschamps attribue cette baisse à une évaluation plus réaliste des besoins pour les travaux.

Le responsable des infrastructures à la Ville reconnaît cependant qu’il faut davantage d’argent de la part des différents paliers de gouvernement. «Les Montréalais ont assez contribué», affirme-t-il, en interpellant les partis politiques en campagne électorale. «Après des années de sous financement, la tâche est colossale», admet Richard Deschamps. Près de 58 % des structures montréalaises ont été construites avant 1970.

L’opposition n’y comprend rien
Le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, dénonce le fait que le maire dépose ses chiffres sur les infrastructures au lendemain du Conseil municipal. «Je trouve inquiétant que l’Administration nous annonce cela le lendemain d’un Conseil municipal où l’on a donné plus de 40 M$ de contrats à des entreprises douteuses, suspectées de corruption et de collusion, pour des travaux qui ne sont pas, pour la plupart, urgents», a déclaré le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron.

Il affirme n’avoir vu aucun projet pour sécuriser des structures lors des Conseils municipaux. Inquiet de la hausse du nombre d’infrastructures jugées critiques, il dénonce l’imbroglio autour du terme «critique». «M. Deschamps affirme qu’on n’a rien à craindre, mais on disait que tout était sécuritaire la veille de l’effondrement des paralumes du tunnel Ville-Marie», dénonce-t-il.

De son côté, la chef de l’opposition, Louise Harel, reproche au maire Gérald Tremblay son «attentisme» avec Québec. «M. Tremblay a eu des chances de se faire entendre du gouvernement provincial pour demander plus d’argent», estime-t-elle. Elle s’inquiète aussi que «la Ville soit obligée de fermer ou de démolir des infrastructures à l’état critique, réduisant ainsi la capacité des Montréalais à circuler dans la métropole.»

Évolution de l’état des structures
Plusieurs structures ont changé de catégorie de détérioration:
•    Bon : de 391 à 386
•    Déterioré : de 88 à 79
•    Médiocre : de 50 à 38
•    Déficient : de 44 à 25
•    Critique : de 12 à 27

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