LaSalle
19:10 28 mars 2019 | mise à jour le: 1 avril 2019 à 15:22 temps de lecture: 4 minutes

Des parents choqués par l’absence de détecteurs de monoxyde de carbone à LaSalle

Des parents choqués par l’absence de détecteurs de monoxyde de carbone à LaSalle
Photo: Messager LaSalle – Pascaline DavidLe ministère de l'Éducation du Québec travaille actuellement sur un projet de règlement qui obligera tous les établissements scolaires à se munir de détecteurs de gaz.

Des parents de l’École des Découvreurs à LaSalle sont choqués d’apprendre qu’il n’y aurait eu aucun détecteur de monoxyde de carbone à l’intérieur quand les élèves et l’équipe-école ont subi les contrecoups d’une fuite de gaz le 14 janvier dernier.

La mère d’un élève, Évelyne, n’est pas surprise par la nouvelle. «Il y a zéro transparence depuis le début», s’indigne-t-elle. Elle affirme que personne n’est venue rencontrer les enfants.

«On est dus pour un bon ménage. À un moment donné, quand les professeurs ne se sentent plus en confiance avec la direction et nous non plus, c’est nos enfants aussi qui paient.»
— Évelyne, mère d’un élève

Elle ajoute qu’elle aimerait voir la direction prendre plus de place dans le dossier.

Le président du Conseil d’établissement (CÉ), Éric Caron, qui commente à titre personnel, renchérit en affirmant être très surpris et choqué puisqu’il croit que la CSMB semble avoir menti.

«Ça m’amène à douter sur ce qu’on me dit, affirme-t-il. Ce que j’entends des parents, c’est qu’il y a actuellement une perte significative de confiance envers les autorités de la commission scolaire.»

Comme membre du CÉ et parent, il affirme ne pas avoir reçu bien plus d’informations que ce qui a été déclaré dans les médias.

Il ne peut confirmer si un détecteur de monoxyde de carbone relié à une centrale a été installé dans la salle des machines depuis la fuite du 14 janvier, mais il confirme avoir vu au moins un détecteur de type résidentiel près de l’entrée de l’école après l’incident.

Un autre parent, Yahia, n’est pas non plus surpris par cette nouvelle. Il croit que, vu le nombre de personnes touchées, il est évident que l’école n’avait pas de détecteur de monoxyde de carbone fonctionnel.

«Je crois qu’il faut apprendre de ce qui est arrivé. Il faut apprendre des leçons et ne pas refaire les mêmes erreurs», dit-il.

Des versions contradictoires
Les révélations sont contenues dans un rapport d’entretien commandé par la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys (CSMB) et obtenu par Radio-Canada. Toutefois, la CSMB avait affirmé l’inverse le lendemain de l’incident dans un communiqué publié sur son site internet. «Quant au détecteur de monoxyde de carbone qui se trouvait dans l’école lundi, celui-ci avait également fait l’objet d’une inspection l’automne dernier et ne présentait, à ce moment, aucun signe de défaillance», peut-on y lire.

Jointe par téléphone, l’entreprise Detekta Solutions, en charge lors de l’inspection en octobre dernier, confirme qu’elle n’avait trouvé aucun détecteur de monoxyde de carbone. Seul un détecteur de méthane défectueux et non relié à une centrale était installé.

Pour sa part, le chef des opérations au Service de sécurité incendie de Montréal, Francis Leduc, avait affirmé sensiblement la même chose le jour de la fuite. «Ce qu’on vient de m’apprendre, c’est qu’on a un détecteur de gaz, mais on n’a pas vraiment un détecteur de monoxyde de carbone», avait-il déclaré.

Aucune obligation
Un taux de monoxyde de carbone 25 fois plus élevé que la norme avait été détecté dans l’établissement le 14 janvier dernier. Des élèves et des enseignants ont souffert de nausées, de vomissements et d’étourdissements. Certains ont même perdu connaissance.

Aucune loi ne forçait les commissions scolaires à équiper leurs bâtiments de détecteurs de gaz avant l’incident. Depuis, le ministre de l’Éducation du Québec, Jean-François Roberge, leur a ordonné de doter tous les établissements d’un détecteur de monoxyde de carbone et d’adopter des politiques claires pour procéder à une inspection annuelle, afin de s’assurer de leur bon fonctionnement.

La Régie du bâtiment en recommandait déjà l’installation «dans tous les bâtiments publics et résidentiels où un combustible solide, liquide ou gazeux est utilisé».

Au moment de publier, la CSMB n’avait pas donné suite à nos demandes d’entrevues.

Une enquête du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) est par ailleurs toujours en cours, depuis le dépôt d’une plainte par un parent.

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