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À la défense des lieux de diffusion à Montréal

En juillet, l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal a modifié son règlement sur le bruit excessif. Les amendes infligées aux bars, aux restaurants ou à tout autre lieu de diffusion ont décuplé, ce qui a fait bondir le DJ montréalais Ghislain Poirier. Métro s’est entretenu avec cet ardent défenseur de la scène musicale montréalaise.

Est-ce que Montréal est une ville accueillante pour les DJ et les musiciens?
Ça semblait l’être, mais on se dirige vers un cul de sac. J’ai l’impression qu’on est en train de perdre nos acquis. Si les policiers donnent une amende de 10 000 $ à un bar, il fermera et on perdra un lieu de diffusion. Déjà deux salles où j’aimais beaucoup me produire, le Main Hall et le Zoobizarre, ont fermé. Ce sont des lieux où j’ai fait toutes mes soirées Bounce Le Gros, qui m’ont permis de me faire connaître. Ça a été un coup dur.

Vous voyagez beaucoup. Est-ce que ce genre de mesure pour réprimer le bruit excessif est courant?
Oui, et c’est pour cela que je veux sonner l’alarme. J’ai vu des scènes et des villes qui ont décliné. Ça s’est passé à New York et ça se passe à Paris. Ce sont des villes dont la scène musicale a été grandement affectée par des mesures drastiques de contrôle du bruit. On n’est pas rendu là à Montréal, mais je trouve ridicule le fait que l’amende décuple d’un seul coup. Montréal se vante d’être une ville culturelle et musicale et elle est super contente de voir des articles sur elle dans des revues interna-tionales, mais elle est en train de tuer ce dont elle est fière.

Parmi vos proches, est-ce que des artistes ont décidé de quitter la métropole ou de ne plus y jouer?
Peut-être pas de ne plus y jouer. Mais il y a beaucoup de gens qui ont décidé de quitter Montréal parce qu’ils trouvaient qu’ils n’avaient pas la liberté de s’exprimer adéquatement. Ils se sont tournés vers l’Europe où les scènes sont plus libres.

Avez-vous des solutions à proposer pour améliorer la cohabitation entre lieux de diffusion et résidants à Montréal?
Avant d’augmenter les amendes, ce qui me semble complètement aberrant, il faut faire un débat. Est-ce qu’un résidant qui se plaint constamment peut faire fermer une salle de diffusion? Je suis conscient que les gens ont droit à une certaine tranquillité, mais les gens qui habitent sur le boulevard Saint-Laurent ou sur le Plateau devraient être conscients que ce sont des quartiers bruyants. Il faut qu’ils soient conséquents. S’ils veulent des quartiers tranquilles, ils devraient aller vivre ailleurs.


Le Plateau fait sa loi

Jusqu’en juillet dernier, le règlement sur le bruit de l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal ne faisait pas la différence entre les personnes morales et les personnes physiques. Les élus ont remédié à la situation et ont établi les amen­des pour ces deux catégories. Ainsi, un résidant qui fait un bruit excessif recevra une amende qui oscillera entre 100 $ et 1 000 $, alors que les entreprises auront des amendes de 1 000 $ à 12 000 $. Le Service de police de Montréal a mis sur pied le projet NOISE pour sensibiliser les tenanciers de club et sévir plus rapidement si le bruit produit à l’intérieur d’un lieu de diffusion est audible à l’extérieur.

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