Montréal
17:02 23 avril 2020 | mise à jour le: 23 avril 2020 à 17:42 temps de lecture: 4 minutes

Coronavirus: Montréal envisage des pertes de revenus pouvant dépasser 538 M$

Coronavirus: Montréal envisage des pertes de revenus pouvant dépasser 538 M$
Photo: Josie Desmarais/MétroLa mairesse de Montréal, Valérie Plante

La Ville de Montréal devra réduire ses dépenses en salaires et annuler certains projets afin de faire face à la crise du coronavirus, qui pourrait lui causer des pertes de revenus pouvant atteindre près de 539 M$.

Le président du comité exécutif, Benoit Dorais, a présenté jeudi après-midi le plan de la Ville pour pallier les impacts de la pandémie sur ses finances. Selon les différents scénarios analysés par la Ville, cette crise sanitaire pourrait lui faire perdre entre 93 et 281,3 M$ en revenus.

«Les impacts sur les revenus et les dépenses de la Ville s’annoncent majeurs, même dans le scénario le plus optimiste», a reconnu la mairesse de Montréal, Valérie Plante, qui a pris part à cette conférence de presse à l’hôtel de ville.

Moins de revenus, plus de dépenses

En raison de la crise sanitaire, le marché immobilier et le secteur de la construction tournent au ralenti. Cette situation risque de faire chuter les revenus que la Ville tire des droits de mutation (la taxe de bienvenue) et de l’octroi de permis. La Ville prévoit aussi une baisse de ses revenus reliés aux frais de stationnement.

«Ce sont une bonne partie des revenus qui ne seront pas au rendez-vous», a souligné M. Dorais.

D’autre part, la Ville a vu ses dépenses augmenter en matériel médical, comme des masques, des gants et des bouteilles de désinfectant. Elle doit aussi débourser davantage pour les heures supplémentaires des pompiers et des policiers, qui sont plus mobilisés que jamais en raison de la crise sanitaire.

«Il faut comprendre que ces scénarios sont des estimations. Ils vont probablement évoluer dans les prochains mois.» -Benoit Dorais, président du comité exécutif

Compressions de 123 M$

Afin de limiter les impacts qu’aura cette crise sur son endettement, la Ville a donc annoncé jeudi un plan financier qui vise à lui faire économiser 123,4 M$. Celui-ci prévoit notamment un gel salarial pour ses employés ainsi qu’une diminution de 3,1% des budgets réservés aux services corporatifs et aux arrondissements.

«Au cours des prochaines semaines, chaque arrondissement devra présenter un plan sur la manière qu’il entend réaliser ces coupes», a ajouté Benoit Dorais.

La Ville devra aussi annuler certains des projets prévus à son dernier budget, qui prévoyait une hausse des dépenses de 8% cette année. On ignore toutefois quels seront ceux-ci

L’administration municipale envisage également de ne pas rappeler les employés temporaires qu’elle a mis à pied au début du confinement.

«On ne prévoit pas des coupures d’employés massives», a néanmoins assuré M. Dorais. 

Transport en commun

Les estimations de la Ville excluent d’ailleurs les répercussions que la baisse d’achalandage du transport en commun, dont les impacts sur ses finances sont évalués entre 154 et 244 M$. Les pertes de la Ville pourrait donc se situer au final entre 258,9 et 538,5M$ en tenant compte de ce facteur, indique l’administration Plante.

Dans les dernières semaines, l’achalandage du transport collectif dans la région a chuté de 80 à 90%, ce qui a fait chuter les revenus des sociétés de transport.

«Ça va probablement prendre 18 mois avant qu’on ait un retour à la normale [en matière d’achalandage]», prévient l’expert en planification des transports, Pierre Barrieau

Face à l’ampleur du défi financier qui l’attend, Mme Plante demande à Québec et à Ottawa d’être «au rendez-vous» pour aider la Ville à surmonter cette crise.

«Les villes ont une marge de manœuvre réduite par rapport aux autres gouvernements parce que nous dépendons très fortement de la taxe foncière. La solution à cette crise ne droit pas reposer uniquement sur les épaules des Montréalais»,a t-elle dit. 

Insuffisant, selon l’opposition

Les mesures prévues au plan financier de la Ville sont bien timides aux yeux de l’opposition officielle. «La Ville ne coupe pas suffisamment dans ses dépenses», a martelé à Métro le chef d’Ensemble Montréal, Lionel Perez.

«Il faut prendre le plus que possible des décisions plus tôt que tard pour éviter des déficits pour les Montréalais», a-t-il ajouté. 

Selon lui, la Ville compte trop sur les autres paliers de gouvernement pour braver cette tempête.

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