Les choix de la rédac
12:10 18 septembre 2020 | mise à jour le: 18 septembre 2020 à 16:30 temps de lecture: 4 minutes

Entente sur le logement: «une victoire», mais des détails attendus

Entente sur le logement: «une victoire», mais des détails attendus
Photo: Josie Desmarais/MétroLa mairesse de Montréal, Valérie Plante.

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, a qualifié de «victoire» l’entente de principe conclue entre Québec et Ottawa en matière de logement. À l’instar des maires de Gatineau et de Québec, elle prévient toutefois que «le diable se cache dans les détails» pour la suite des choses.

La ministre des Affaires municipales et de l’habitation, Andrée Laforest, a annoncé jeudi soir sur les réseaux sociaux avoir convenu d’une entente de principe avec Ottawa concernant la Stratégie nationale sur le logement. Depuis 2017, des fonds fédéraux de 1,4 G$ destinés à la province sont bloqués dans les coffres d’Ottawa, les négociations peinant à aboutir entre les deux paliers de gouvernement.

«Aujourd’hui, on est là pour parler d’une victoire pour tous ceux et celles qui cherchent à se loger», a lancé d’emblée vendredi matin la mairesse Valérie Plante, qui avait prévu la tenue de cette conférence de presse à l’hôtel de ville avant la sortie de la ministre Laforest.

«Les besoins en habitation, ils sont criants, ils sont réels. Donc, de pouvoir dire aujourd’hui qu’il y a une entente de principe entre le provincial et le fédéral, c’est une excellente nouvelle», a ajouté Mme Plante. L’an dernier, le taux d’inoccupation des logements dans le Grand Montréal a chuté à 1,5%, du jamais vu en 15 ans dans la région.

Les impacts de la pandémie

Une crise du logement que pourrait d’ailleurs avoir exacerbé la pandémie.

«La COVID, c’est venu exacerber les besoins en itinérance. Il suffit de se tourner vers la rue Notre-Dame, où il y a à peu près 70 personnes qui vivent sous une tente», a-t-elle déclaré en référence au campement de fortune qui a continué de prendre de l’ampleur dans les dernières semaines dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve.

«Ça prend des solutions pérennes pour permettre à ces gens de sortir de la précarité. Et pour cela, ça prend du logement.» -Valérie Plante, mairesse de Montréal

Les détails attendus

D’ailleurs, malgré cette annonce, plusieurs bémols demeurent. «Le diable se cache dans les détails», a laissé tomber Mme Plante. Un point de vue que partagent ses homologues à Gatineau et à Québec, présents à ses côtés vendredi.

«On a très hâte de connaître les détails parce que pour nous, les fonds devront aller aux programmes existants», a déclaré le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin. Il souligne que des programmes déjà en place, comme AccèsLogis, représentent les bons canaux pour concrétiser la construction de logements.

«Ça fonctionne, mais c’est un système qui manque de gaz, en d’autres mots, qui manque d’argent», a-t-il ajouté.

Le maire de Québec, Régis Labeaume, s’est montré plus sceptique quant à la conclusion de cette entente de principe.

«Avant d’être hilare, je vais attendre que l’encre sèche sur les ententes», a-t-il dit dans son style bien à lui. Il espère surtout qu’une fois que ces fonds seront débloqués, les villes disposeront de la marge de manoeuvre suffisante pour utiliser ceux-ci afin de réaliser des projets qui répondent à leurs besoins spécifiques.

«Ne faites pas de choix à notre place. On le dit au fédéral, on va le dire au provincial éventuellement. Laissez-nous faire nos choix. On connaît notre parc [immobilier]», a-t-il martelé.

Stratégie 12 000 logements 

Questionnée par Métro, la mairesse Valérie Plante a par ailleurs fait part de son optimisme quant à la possibilité que cette entente l’aide à «remplir» sa cible d’aménager 12 000 logements sociaux et abordables d’ici la fin de son mandat, en 2021. Elle promet d’ailleurs de s’engager à en réaliser davantage si elle est réélue l’an prochain. 

Néanmoins, pour ce faire, il faudra que Québec lui accorde rapidement des fonds en la matière. «La Ville de Montréal ne construit pas. On facilite les montages financiers. On achète des terrains […] Mais évidemment, quand il est question de logement social, c’est [Québec] qui paie pour la construction», a-t-elle rappelé.

Le Front d’action populaire en réaménagement urbain, pour sa part, a aussi salué la conclusion de cette entente de principe. Il demande maintenant à Québec d’agir.

«Le regroupement espère que ce sera le signal de départ du grand chantier de 50 000 nouveaux logements sociaux [d’ici 5 ans] qu’il presse le gouvernement Legault de mettre en branle», a indiqué sa porte-parole,Véronique Laflamme, par voie de communiqué.

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