Montréal
08:07 18 janvier 2021 | mise à jour le: 18 janvier 2021 à 16:56 temps de lecture: 5 minutes

Mairie de Montréal: un premier opposant à Valérie Plante se manifeste

Mairie de Montréal: un premier opposant à Valérie Plante se manifeste
Photo: Facebook Félix-Antoine Joli-CoeurFélix-Antoine Joli-Coeur

Propreté, gestion des chantiers et relance du centre-ville. Voici quelques-unes des priorités qu’entend mettre de l’avant l’ex-conseiller politique Félix-Antoine Joli-Coeur, qui vient de confirmer sa participation à la prochaine course à la mairie de Montréal à titre de chef d’un nouveau parti politique, Ralliement Pour Montréal.

Âgé de 42 ans, M.Joli-Coeur oeuvre actuellement à titre de consultant en management pour diverses entreprises et coopératives. Auparavant, il a notamment occupé le poste de conseiller politique pour l’ancien maire Gérald Tremblay, de 2005 à 2008. Il a aussi fait partie du cabinet de l’ancienne première ministre péquiste Pauline Marois, de 2012 à 2014. Il y était responsable des dossiers reliés à l’économie et à la région métropolitaine.

C’est donc un retour dans l’arène politique pour M. Joli-Coeur, qui devient le premier candidat d’importance à présenter sa candidature contre l’actuelle mairesse de Montréal, Valérie Plante. Il n’hésite d’ailleurs pas à critiquer sa gestion de la métropole.

«Je suis indigné par la situation à Montréal. La malpropreté rappelle l’époque de [l’ancien maire] Pierre Bourque, dans les années 1990. On voit des déchets à longueur d’année dans les ruelles et les parcs. Les poubelles débordent. La Ville a été transformée en un labyrinthe parce qu’il n’y a aucune coordination des travaux publics et privés», énumère-t-il, en entrevue à Métro.

«La base», sa priorité

S’il devient le prochain maire de Montréal, M. Joli-Coeur, aura donc trois priorités: améliorer la propreté dans l’espace public, mieux coordonner les travaux et offrir un meilleur service de déneigement aux Montréalais.

«Pour mes 18 premiers mois à la tête de Montréal, je n’aurai qu’une seule obsession, et c’est d’améliorer le jeu de base de Montréal», affirme-t-il. Concernant les travaux qui perturbent année après année la circulation routière, il estime que la Ville doit imposer des conditions plus strictes aux entrepreneurs privés afin d’éviter des écarts de conduite de leur part.

«Les règles seront dures et vont faire en sorte qu’il y aura une meilleure coordination [des travaux]», notamment entre les cols bleus et les entrepreneurs du domaine privé, fait-il valoir au bout du fil. Pour ce faire, une meilleure surveillance des travaux sera nécessaire, ajoute M. Joli-Coeur.

En ce qui a trait à la mobilité, l’ancien conseiller politique se dit favorable au développement du transport collectif et à la création de nouvelles pistes cyclables. «Le transport collectif et le vélo sont des modes qui sont appelés à croître», estime-t-il. Le chef de Ralliement Pour Montréal estime toutefois que la Ville a du travail à faire pour améliorer sa planification du transport dans la métropole afin de limiter ses impacts sur les citoyens. Pour ce faire, un nouveau Plan de transport est nécessaire, selon lui. Le dernier date de 2008.

Relancer le centre-ville

M. Joli-Coeur entend aussi faire d’une de ses priorités la relance du centre-ville de Montréal, le secteur géographique qui écope le plus de la pandémie. En raison des règles sanitaires, les tours à bureaux sont presque vides, au profit du télétravail. Face à cette situation, des actions «radicales» sont nécessaires pour relancer le centre-ville, fait valoir le candidat à la mairie de Montréal. Il croit notamment que la Ville devrait inciter les «grands employeurs» à demander à leurs employés de revenir au bureau, lorsque les règles sanitaires le permettront.

«En ce moment, on voit que le centre-ville de Montréal est dans une situation dangereuse.» -Félix-Antoine Joli-Coeur, chef de Ralliement pour Montréal

Des anciens de Vrai changement pour Montréal

Le lancement de ce parti pourrait d’ailleurs faire mal à Vrai changement pour Montréal, l’ancien parti de Mélanie Joly. Selon nos informations, quelques anciens membres du parti ont quitté celui-ci pour contribuer à la création de Ralliement Pour Montréal.

C’est notamment le cas de l’avocat et cycliste Marc-Antoine Desjardins, qui a pris part en 2019 à la course à la mairie du Plateau-Mont-Royal sous la bannière de Vrai changement pour Montréal.

«Dans la dernière année, on a été plusieurs membres de Vrai changement à se questionner sur la direction où allait le parti. La dernière année nous a permis de cristalliser notre sentiment intérieur comme quoi ce n’était pas la direction où on voulait aller», confie M. Desjardins, en entrevue à Métro. Sans pouvoir le confirmer, il laisse entendre qu’il comptera parmi les candidats de Ralliement Pour Montréal dans la prochaine course électorale. «Ça s’enligne pour ça», laisse-t-il tomber.

Pour l’instant, Ralliement Pour Montréal n’a pas encore dévoilé quels seront ses candidats aux postes de conseillers municipaux et d’arrondissement ni sa programmation électorale. Le nouveau parti a toutefois mis en ligne un manifeste récemment.

La chef intérimaire de Vrai changement pour Montréal, Justine McIntyre, a décliné notre demande d’entrevue. Par écrit, elle rappelle que le parti tient actuellement une course à la chefferie. Celle-ci a été lancée le 8 janvier.

L’opposition se prépare

L’opposition officielle à l’hôtel de ville, Ensemble Montréal, indique pour sa part qu’une course à la chefferie aura lieu ce printemps. Sans vouloir dévoiler de noms, on assure que des «candidatures sérieuses» ont contacté le parti.

«Le recrutement de candidats aux différents postes de conseillers est très actif. On aura des candidats à tous les postes», ajoute le chef intérimaire d’Ensemble Montréal, Lionel Perez. On compte un peu plus d’une centaine d’élus municipaux à Montréal.

Pour sa part, l’ancien maire de Montréal, Denis Coderre, garde le suspens sur son potentiel retour en politique. Selon Radio-Canada, il devrait publier un livre en mars, aux Éditions La Presse, dans lequel il dressera entre autres sa vision de Montréal.

Les prochaines élections municipales auront lieu le 7 novembre.

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