Bénévotemps: Payer avec son temps
Le 25 avril prochain, les amateurs d’art pourront se procurer une œuvre montréalaise sans débourser un sou.
Le marché Bonsecours accueillera pour une deuxième année l’événement Bénévotemps. Les participants sont invités à miser des heures de bénévolat pour acquérir des œuvres d’artistes émergents. Métro s’est entretenu avec François Lahaise, du Centre d’action bénévole de Montréal, qui organise l’encan silencieux.
En quoi consiste le bénévotemps?
C’est un peu comme un mariage à trois, entre le milieu des affaires, des arts et communautaire. C’est une enchère d’œuvres d’art au cours de laquelle les mises se font en heures de bénévolat plutôt qu’en argent. Il faut dire que le Québec est la province canadienne où il se fait le moins de bénévolat. On est donc toujours à la recherche de nouvelles formes pour en faire la promotion.
[pullquote]
Comment ça fonctionne?
Quand les gens vont arriver au Marché Bonsecours, il va y avoir environ 35 kiosques d’organismes à but non lucratif, et en même temps, il va y avoir une trentaine d’œuvres d’art exposées un peu partout dans la salle. Les gens vont voir les œuvres, et pourront miser des heures de bénévolat sur celles qui les intéressent davantage, jusqu’à concurrence de 100 heures.
Et à la fin de la soirée, une fois que les mises vont être terminées, les gagnants seront annoncés. Ils ne recevront pas leur oeuvre tout de suite, évidemment, et auront 12 mois à partir de ce moment-là pour compléter les heures de bénévolat promises. Et une fois les heures complétées, ils pourront venir chercher leur œuvre. On a quelques partenaires financiers qui nous aident, et ce sont eux qui ont contribué à payer les œuvres aux artistes. Elles ont été payées jusqu’à 1000$ pièce, par les commanditaires et également par les billets d’entrée.
Comment l’idée est-elle née?
On s’est inspiré du Timeraiser, créé en 2004 à Toronto. C’est un événement semblable au bénévotemps, qui s’est répandu à la grandeur du Canada. L’année dernière, il y en a eu 12 au pays, dont un à Montréal.
À qui s’adresse le Bénévotemps?
Les jeunes professionnels, parce que c’est le genre d’événement qui peut les intéresser, et c’est une clientèle qui, de prime abord, n’est pas nécessairement intéressée ou disponible au bénévolat.
C’est certain que M. et Mme Tout-le-monde sont invités, mais une grande partie de l’effort promotionnel est fait pour rejoindre cette clientèle-là.
Les jeunes professionnels peuvent rendre différents services aux organismes à but non lucratif qui, en temps normal, ne font pas ce genre de demandes-là. Je pense notamment au marketing, à la recherche, aux levées de fonds, à la comptabilité, etc.
Et les organismes sont à la recherche de ce genre de bénévoles, mais ils n’ont pas souvent l’occasion de les rencontrer.
Est-ce que les gens choisissent l’organisme où ils veulent donner du temps?
Oui, certainement. Il y a deux façons de faire. Ils peuvent choisir un organisme qui est sur place et rencontrer les représentants pour voir ce qui les intéresse. Sinon, ils peuvent faire du bénévolat pour l’organisme de leur choix, même s’il n’est pas présent sur place.
Quel genre d’œuvre on y retrouvera?
Vous pouvez déjà aller voir les oeuvres sur notre site internet. Ce sont des artistes montréalais pour la plupart, et émergents. On veut encourager la relève.
Environ 160 artistes nous ont soumis leurs œuvres et un jury s’est réuni au début du mois de février pour en sélectionner une trentaine. Les œuvres, pour la plupart, sont des peintures ou des photos. Il y a également une sculpture.
Quel genre d’organisme participe à l’événement?
Il y en a pour tous les goûts, de toutes les tailles, dans tous les domaines. Il y a par exemple Amnistie internationale, Dr. Clown, le Fringe, la Fondation québécoise du cancer.
Infos
- Le Bénévotemps
- Le 25 avril, à 18h, dans la salle de bal du Marché Bonsecours
- Billets en vente sur le site de l’événement