Gérald Tremblay ne savait pas
Pendant le règne d’Union Montréal, l’homme «le plus puissant» de la métropole était le président du comité exécutif, Frank Zampino. Le maire Gérald Tremblay avait plutôt un rôle «diplomatique», a expliqué le vice-président de la firme de génie-conseil Dessau, Rosaire Sauriol.
«M. Tremblay n’était pas dans les projets; il ne suivait pas ça, a-t-il expliqué devant la commission Charbonneau. M. Tremblay avait pris le volet plus diplomatique. M. Tremblay n’était pas au fait de ce qui se passait dans les contrats de la ville, il n’était pas dans les dossiers. Je serais très, très, très étonné que M. Tremblay ait vu le début du commencement de cette histoire-là de collusion.»
M. Sauriol a aussi raconté que le responsable du financement d’Union Montréal, Bernard Trépanier, n’hésitait pas à rire du maire. «Même M. Trépanier ne s’en cachait pas, à des gens comme vous, ou à des Michel Lalonde (le président de Génius), il riait de cette situation-là?», lui a demandé le procureur de la commission, Me Denis Gallant. «Exact, a-t-il répondu. Il n’était pas très respectueux.»
Le procureur de la commission Denis Gallant a démontré, extraits d’agenda à l’appui, la grande proximité entre M. Sauriol et Frank Zampino. À plusieurs reprises, ils se sont rencontrés dans des restaurants, à leurs bureaux et même chez le père de M. Zampino. M. Zampino était par ailleurs l’interlocuteur direct de M. Sauriol lorsqu’il avait des questions à propos du choix des contrats ou lorsqu’il voulait confirmer les demandes de dons de M. Trépanier.
Rosaire Sauriol poursuivra son témoignage jeudi.