Nids-de-poule à Montréal: les contrats d’asphalte sont accordés
Les élus de Montréal ont tranché. Les nids-de-poule seront finalement colmatés ce printemps dans la métropole.
Vendredi, lors d’une séance extraordinaire du conseil municipal, les 58 conseillers présents ont approuvé à l’unanimité l’entente cadre de 5,2M$ qui prévoit les modalités d’approvisionnement d’asphalte. Sept entreprises ont obtenu les contrats, dont au moins trois ont été nommées à la commission Charbonneau. Celles-ci, qui sont soupçonnées de corruption et de collusion, ont causé un réel malaise chez les élus.
«On va se fermer les yeux, on va se boucher le nez et on va dire oui», a dit la mairesse de Villeray-Saint-Michel-Parc Extension, Anie Samson. Son homologue de Rivières-des-Prairies-Pointe-aux-Trembles, Chantal Rouleau, a déclaré pour sa part que «ce contrat pu au nez de tout le monde, mais c’est un mal nécessaire si on veut répondre aux besoins de nos citoyens».
Les entreprises qui ont décroché les contrats seront soumises sans délai aux vérifications de l’Autorité des marchés financiers, a fait savoir le président du comité exécutif, Laurent Blanchard.
Le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, a vu avec ces contrats d’asphalte l’occasion de soumettre ces entreprises aux vérifications de l’Autorité des marchés financiers. «C’est une opportunité à ne pas rater», a-t-il affirmé.
Vision Montréal est revenu à la charge avec son idée de mettre sur pied une usine publique de production d’asphalte. «Il faut se mettre en mode solution et action. On ne peut plus attendre pour voir ce qui se passera», a insisté Chantal Rouleau. Elle a demandé aux élus de voter en faveur d’une étude de faisabilité et de rentabilité d’une telle usine.
Le conseiller de Snowdon, Marvin Rotrand, croit que cette idée mérite d’être examinée, mais il a précisé qu’une usine ne pourra compétitive avant plusieurs années.
Lors de la dernière réunion du conseil municipal, les élus ont refusé d’approuver l’entente cadre. Ils ont préféré renvoyer le dossier au comité exécutif puisqu’ils éprouvaient un malaise à l’idée de faire des affaires avec des entreprises soupçonnées de collusion et de corruption.
Le maire de Montréal, Michael Applebaum, a par la suite, lancé un sondage pour connaître l’opinion des Montréalais sur cet enjeu. Soixante pourcent des 5000 répondants se sont opposés à l’entente cadre. M. Applebaum a malgré tout décidé d’aller de l’avant avec l’octroi des contrats.
Plusieurs élus ont déploré les conséquences de ce sondage qui dévalorise, selon eux, la fonction de conseiller de ville. Ils ont incité le maire de Montréal de ne plus avoir recours à ces sondages «non scientifiques». «Ce sondage a entraîné une hystérie nids-de-poule», a mentionné M. Bergeron.
Au cours de cette séance spéciale du conseil municipal, les élus montréalais ont officiellement nommé Robert Lamontagne au poste de directeur général. M. Lamontagnce occupait cette fonction de façon intérimaire depuis le départ de Guy Hébert il y a quelques semaines.