25 ans de bénévolat et d’intégration
Le programme de rapprochement interculturel du Centre communautaire de loisir de la Côte-des-Neiges (CCLCDN) célèbre cette année son 25e anniversaire. Depuis 25 ans, des bénévoles consacrent du temps à l’intégration des néo-Québécois dans ce quartier qui, chaque année, en accueille un grand nombre.
En 25 ans, le CCLCDN a pu compter sur 2 500 bénévoles, ce qui satisfait la coordonnatrice et créatrice du programme de rapprochement interculturel, Marie-Claude Barey.
Lundis québécois, ateliers de conversation française, jumelage Parlons français, formations interculturelles sont des activités organisées, chaque semaine. «On sait qu’on fait la différence dans les familles, affirme Mme Barey. Les gens reviennent et disent que le centre a joué un rôle déterminant dans leur intégration sociale.»
Afin d’offrir ces services, il faut de nombreux bénévoles pour permettre aux participants de pratiquer leur français et pour les ouvrir à la société d’accueil.
Mme Barey est donc constamment à la recherche de personnes qui connaissent le Québec, mais qui en ont tout de même encore à apprendre. «Ça prend des gens qui ont le goût de faire connaître le Québec et qui ont le goût de partager leurs expériences. Ce que les gens ont vécu, ça touche toujours plus», souligne la coordonnatrice.
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Elle se dit particulièrement fière de l’engagement des bénévoles, qui sont de plusieurs origines. «C’est très diversifié culturellement, constate-t-elle. On veut que les bénévoles aident à créer des liens, mais on veut aussi qu’ils créent des liens entre eux pour vivre une expérience de rapprochement interculturel.»
Line Bonneau, animatrice aux ateliers de conversation française, confirme qu’elle trouve bénéfique de faire du bénévolat et que chacun en tire parti. «Ces gens-là, ils nous nourrissent, puisqu’il s’agit de personnes intéressantes et motivées, soutient-elle. Ce n’est pas une dynamique unilatérale, où nous donnerions et où ils recevraient. C’est un véritable échange.»
Le recrutement est donc en vigueur à longueur d’année tant du côté des bénévoles que de ceux qui veulent s’inscrire aux activités du programme de rapprochement interculturel. «On peut accueillir plus de personnes, on a de la place. Le centre est vraiment une porte ouverte sur le français en tout temps», conclut Mme Barey.
Pratiquer en français, difficile à Montréal
Les nouveaux arrivants ont souvent fait remarquer à la coordonnatrice du programme interculturel, Marie-Claude Barey, qu’ils ressentent le besoin de pratiquer la langue, mais qu’ils n’ont pas d’endroit où parler français. «Dans les commerces surtout, dès que les gens voient que la personne a de la difficulté à parler français, ils passent à l’anglais. Les endroits où on peut pratiquer le français sont rares à Montréal», affirme Mme Barey.
Un objectif du Centre communautaire de loisir de la Côte-des-Neiges est donc de faire connaître les ressources qui existent pour que les participants osent s’exprimer en français davantage.
Le centre offre des ateliers de conversation française pour permettre à ceux qui le veulent d’échanger en français.
Entrevue
François Lahaise,
agent aux communications du Centre d’action bénévole de Montréal
Des organismes communautaires ont recours à des centres spécialisés pour recruter des bénévoles. C’est le cas du Centre d’action bénévole de Montréal, qui place des bénévoles depuis 75 ans. Métro s’est entretenu avec son porte-parole, François Lahaise, pour savoir comment se porte le bénévolat dans la métropole.
Y a t-il un manque de bénévoles à Montréal?
Il y a toujours un besoin. Nous sommes toujours à la recherche de gens et recrutons pour plus de 500 organismes à Montréal dans tous les domaines.
Qu’est-ce qui incite les jeunes à faire du bénévolat?
Les 15 à 24 ans sont intéressés à faire du bénévolat dans le domaine du sport et des arts. Ils font souvent du bénévolat en lien avec leurs études.
Constatez-vous une hausse du bénévolat dans les dernières années?
Je note une légère hausse, mais il reste encore beaucoup à faire. Une journée de recrutement est d’ailleurs organisée aujourd’hui dans le cadre de la Semaine de l’action bénévole.
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Pas d’âge
Plus de 2 millions de personnes pratiquent le bénévolat au Québec chaque année. Voici quelques statistiques, selon
les groupes d’âge :
- 79 % des Québécois font du bénévolat au moins une fois par année, sans passer par un organisme structuré.
- 48 % des 15 à 24 ans s’adonnent au bénévolat.
- Les bénévoles donnent en moyenne 128 heures de leur temps par année.
- Les 65 ans et plus y consacrent 268 heures en moyenne par année.