Montréal

Bien préparé et difficile à arrêter

Kimveer Gill voulait commémorer la tuerie de Colombine aux États-Unis et était même prêt à tuer ses parents si ceux-ci découvraient son plan, selon le rapport du coroner sur la fusillade de Dawson. Celui-ci recommande notamment l’ouverture du registre des armes à feu à des chercheurs en santé mentale.

Cela permettrait, dans le respect de la vie privée, «d’aider à mieux définir les groupes de détenteurs d’armes à feu qui présentent des risques plus élevés […] en dressant une liste de drapeaux rouges afin d’orienter toute politique ou réglementation future», indique le rapport du coroner, Jacques Ramsay, qui était présenté hier, deux ans après la fusillade.

Le 13 septembre 2006, Kimveer Gill, 18 ans, a tiré 72 balles, tuant une élève du collège Dawson et en blessant 16 autres avant de se suicider sous la pression des policiers. Il était armé d’une carabine semi-automatique, d’un pistolet et d’un fusil à pompe qu’il avait acquis quelques mois plus tôt.

Accro au whisky

Il avait un permis de port d’arme en règle, mais avait menti pour l’obtenir en déclarant n’avoir aucun antécédent en santé mentale. Il avait pourtant été suivi au CLSC pour des problèmes de dépression et de pensées suicidaires et avait des problèmes d’alcool, note le coroner.

Ce dernier pense toutefois qu’il faut éviter toute association entre psychose et violence. D’ailleurs, fait-il remarquer, «même la famille de Kimveer Gill n’avait pas vu venir le coup».

Permettre au Contrôleur des armes à feu d’accéder au dossier médical d’un individu pourrait être contre-productif, ajoute le coroner, car la personne concernée pourrait «être tentée de se priver de soins de peur que son arme ne lui soit confisquée».

Si le coroner mentionne que l’intervention du SPVM a été adéquate, il signale qu’il serait intéressant pour l’avenir de pouvoir suivre les autopatrouilles par GPS. En effet, seul un policier sur 30 est entré par la rue Sherbrooke (les autres par de Maisonneuve). C’était pourtant la meilleure option, car elle permettait d’avoir une vue plongeante sur le tueur. Cela aurait aussi permis de prévenir avant la fusillade les deux policiers déjà présents sur place.

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