Montréal

Le ministre Bolduc interpellé

La présence d’un centre d’injection supervisée de drogues à Vancouver a permis de réduire de 37 % l’échange de seringues et de 56 % la présence de celles-ci sur la voie publique.

Voilà le genre de données communiquées en marge de la conférence de presse organisée par une vingtaine de groupes communautaires qui demandent au ministre québécois de la santé, Yves Bolduc, de revenir sur sa décision de stopper le projet d’implantation d’un centre d’injection supervisée à Montréal.

«Le ministre de la Santé doit résister aux pressions du Parti conservateur […], il s’agit d’une question de droit et de santé publique», a déclaré Michel Morin, un des porte-parole de la Coalition de réduction des méfaits qui rappelle au ministre que ce type de centre fait partie des
activités inscrites au programme national de santé publique.

12 000 utilisateurs de drogues injectables à Montréal

Concrètement, un centre d’injection supervisée est un bâtiment où les utilisateurs de drogues injectables peuvent se piquer dans des conditions plus sécuritaires, car des intervenants et du personnel médical sont là pour leur fournir du matériel propre et éviter la propagation des infections et les morts par surdose.

«Cela permet aussi de rejoindre les utilisateurs le plus à risque», note Jean-Sébastien Fallu, du GRIP-Montréal. Il ajoute qu’on obtiendrait dans ces centres un taux d’orientation vers des traitements spécialisés (désintoxication, réadaptation) de 30 % supérieur à la moyenne.

Il y aurait à Montréal, 12 000 utilisateurs de drogues injectables, dont 27 % se piquent chaque jour. Selon les données du réseau SurvUDI, 5 % des utilisateurs de drogues injectables seraient porteurs du VIH, et 55 %, de l’hépatite C. À l’image du ministre fédéral de la Santé, Tony Clement, son homologue québécois, Yves Bolduc, est réticent à ce type de centres, arguant notamment qu’ils ne donnent pas suffisamment de résultats.

Articles récents du même sujet