Montréal

Occupation : chasseurs d'orages…

«Et dire qu’ils annoncent des orages aujourd’hui… Ce sera le fun!» Contrai­rement à la majorité des Montréalais, Gaétan et Ma­rianne s’en réjouissent de tout cÅ“ur. Une gout­­te par-ci, un éclair par-là, et même, «avec un peu de chance», une tornade : telle est la recette du bonheur pour les deux fondateurs de l’As­so­ciation des chasseurs d’orages (ACO) de la région de Montréal.

À l’origine, un simple hob-by unit le passionné d’astro-nomie de 36 ans à la finis­sante en sciences politi­ques de 28 ans. Mais il devient vite une véritable passion.

«Gaétan a commencé à chasser les orages en 1999, après le premier derecho, cet énorme orage d’une très grande violence qui dure plusieurs heures et prend généralement la forme d’une parenthèse, se souvient Marianne. J’ai eu la piqûre quelques années après, en le suivant comme copilote pour une chasse en 2003.»

Une montée d’adrénaline, un phénomène météorologi­que unique et un visuel ex-ceptionnel. Les motivations qui guident Gaétan et Marian-ne se jouent des frontières du réel. «Avec le vent, la grêle, les éclairs, on est témoins de toute la puissance de Dame Na­ture, de son imprévisibilité aussi. Parfois, ça fait très peur! Le fun, c’est d’arriver à capter de bel­les images», admet Marianne.

Une association

En 2004, ils ont créé une association afin de partager leurs expériences et leurs connaissances à l’occasion  de plusieurs rencontres annuelles : activités, soupers, réunions, con­cours… L’ACO regroupe aujourd’hui près de 38 membres dans la région métropolitaine et vient d’établir un partenariat avec une association francophone en Europe.

La chasse

Le terrain de jeu? La périphérie de Montréal, mais aussi les Laurentides, la vallée du Richelieu et l’Estrie.

«Généralement, on essaie de chasser tous les orages, soit environ une dizaine par an-née, raconte Marianne. Pour avoir une belle vue, nous privilégions les terres plates et les petites routes de campa­gne avec bordées de peu  d’arbres.»

Mais Montréal n’est pas l’endroit où se produisent les phénomènes climatiques les plus extrêmes. «Avec les années, on constate que les cellules ont souvent tendance à éviter Montréal, note Marianne. Elles meurent en entrant dans la ville, pour se réformer ensuite sur le fleuve ou sur la rive sud. Peut-être est-ce dû au fleuve ou à la chaleur de la métropole.»

Les chasses battent leur plein à la saison des orages, entre le mois de mai et la fin août. Le danger, les chasseurs d’orages l’évaluent à chacune de leurs sorties d’un Å“il avisé.

«On ne se lance pas dans ce genre de chasses du jour au lendemain. Il faut avoir les connaissances requises pour le faire, car on ne peut pas prévoir comment peuvent évoluer les orages», prévient-elle.

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