Tant qu'il y aura des mots
La mère du Multi-dictionnaire de la langue française, Marie-Éva de Villers, est tombée «dans» les mots quand elle était toute petite. C’est alors qu’elle a 6 ou 7 ans que son père lui remet un exemplaire du Dictionnaire Larousse en images.
«Longtemps, j’ai cru que cela devait se lire comme un roman», dit-elle une lueur dans les yeux. C’était le début d’une longue histoire d’amour avec les mots et d’une grosse collection de dictionnaires!
Née à Montréal au milieu des années 1940 – «à l’hôpital Notre-Dame», précise-t-elle -, Mme de Villers, diplômée en lettres françaises de l’Université de Montréal en 1969, a contribué à donner un visage francophone au monde de la gestion de la métropole et de la province.
«En 1970, lorsque le gouvernement a décidé de faire du français la langue obligatoire au travail, l’Office québécois de la langue française (OQLF) a embauché plus d’une vingtaine de jeunes linguistiques afin de franciser les termes utilisés dans plusieurs domaines de travail. Et j’ai hérité de la terminologie de la gestion», explique-t-elle de sa voix calme et posée.
Une passion en attire une autre
À force de baigner dans les mots relatifs aux finances, à la comptabilité et au marketing, elle se découvre une nouvelle passion. «J’ai vraiment pris goût à ce domaine. J’aimais l’atmosphère qui s’en dégageait», relate-t-elle.
Cette passion la ramène donc dans les salles de classe aux Hautes études commerciales (HEC) en 1980, où elle complète un MBA en marketing. «Cette formation m’a grandement outillée pour le Multidic-tionnaire», dit celle qui est depuis 1990 à la tête de la Direction de la qualité des communications de l’institution montréalaise.
Une passion qui ne veut pas mourir
La passion qu’éprouve pour la langue la sexagénaire ne semble pas du tout s’effriter avec les années. Elle travaille présentement à la 5e édition de son bébé, le Multidictionnaire de la langue française, né en 1988, qui devrait paraître au printemps 2009.
En plus des nombreuses rectifications de l’orthographe, que Mme de Villers n’affectionne pas particulièrement, le nouvel ouvrage comprendra des extraits d’Å“uvres littéraires dans la définition des mots.
«Surtout pour les québécismes, souligne l’auteure. J’ai retenu des passages des Å“uvres littéraires d’Anne Hébert, de Germaine Guèvremont, de Réjean Ducharme, de Gabrielle Roy, de Nelligan, de Saint-Denys Garneau et de plusieurs autres. J’affectionne particulièrement les poètes», dit-t-elle, avant d’ajouter, «[…] mais je lis surtout les dictionnaires!»