La parole à Vincent Bolduc
Métro s’est entretenu avec Vincent Bolduc, nouveau porte-parole du GRIS-Montréal.
Pourquoi avez-vous accepté d’être porte-parole?
Ça a été un oui automatique, d’abord parce que le GRIS, c’est des homosexuels et des lesbiennes qui vont témoigner de leur vie dans les écoles. Ils ne vont pas faire la promotion de l’homosexualité ou donner un cours; ils sont là pour répondre aux questions, sans tabou.
Automatiquement ça annule le préjugé. Dans mon métier, j’ai été rapidement en contact avec des homosexuels qui me parlaient de leur couple, de leur chum, de leur blonde. C’est donc devenu pour moi quelque chose qui n’était pas tabou, une réalité. Les jeunes profitent de cette proximité avec les homosexuels.
C’est important que des hétéros comme vous et Macha s’impliquent dans la cause?
C’est plus qu’important. C’est un choix du GRIS d’avoir des parents comme porte-parole. Le slogan, c’est d’ailleurs «L’homophobie touche tout le monde». Je ne veux pas que mon enfant fréquente un milieu scolaire où l’homophobie existe.
Quelle est la situation dans les écoles, aujourd’hui, en 2008?
Sur le terrain, on voit une évolution. Un jeune a témoigné pour dire que lui et son chum avaient dévoilé à leur école qu’ils étaient gais. Ils se sont fait niaiser, mais ça a diminué quand le GRIS est passé parce qu’il y avait une ouverture d’esprit.
Les parents ont aussi leur rôle à jouer?
Naturellement. Certains parents ne font pas ce travail à la maison à cause de leur éducation, du milieu où il vienne. Donc, l’école doit faire ce travail que les parents ne font pas. Mais l’école doit aussi poursuivre le travail que les parents font. Même mon fils qui est en troisième année et à qui j’ai rapidement fait comprendre qu’un homme pouvait aimer un homme, m’est arrivé avec des termes comme «fif» ou «tapette». C’est important de faire comprendre dès le primaire que ces termes sont péjoratifs et blessants.