Montréal

Entre Montréal et le Sénégal

Le cÅ“ur d’Antaline Dione balance entre Montréal et le Sénégal.

Son temps est partagé entre les deux continents. La Franco-Canado-Sénégalaise vient de passer les derniers mois en sol africain, où elle a grandi, pour ouvrir une entreprise de microcrédit.

«[Les plus pauvres de la société] ont ainsi un accès plus facile au crédit», expli­que Antaline Dione.

Dans un pays où le salaire moyen tourne autour de 250 $ par mois, la Montréa­laise accorde des prêts qui oscillent entre 100 $ et 1 000 $. Chaque jour, chaque semaine ou chaque mois, les emprunteurs remboursent une partie de leur prêt. Le terme ne va pas au-delà d’un an.

«Des femmes nous remboursent à coup de 2 $ par jour, rapporte Mme Dione. Elles sont fidèles et elles sont fières de remettre l’argent prêté.»

«Si elles ne contractent pas de prêt, ces femmes mettent toutes leurs économies dans un projet et elles retardent la rentrée scolaire de leurs enfants ou elles mangent une fois par jour plutôt que deux», ajoute-t-elle.

Les pêcheurs, les artisans, les vendeurs du marché et les petits entrepreneurs forment l’essentiel de la clientèle d’Antaline Dione. Avec l’argent prêté, ils achètent un nouveau moteur pour leur bateau, du bois pour fabriquer des meubles ou du tissu pour confectionner des vêtements. Tout pour relancer leur petite entreprise.

Montréal inspire

Pour mettre sur pied une telle entreprise, Antaline Dione a été bien sûr inspirée par le Bangladais Mohammed Yunus, qui remporté le prix Nobel de la paix en 2006. Depuis plus de 30 ans, il accorde des prêts modiques aux pauvres. Le taux de remboursement frôle le 100 %.

Montréal a aussi contribué à faire germer l’idée dans la tête de la jeune femme. Au cours des 10 dernières années, elle y a étudié, mais elle y a surtout travaillé pour des organisations de réinsertion socioprofessionnelle, comme la Fon­da­tion Ressources-jeunesse et l’organisme Intégration jeunesse du Québec.

«J’ai cette fibre en moi de vouloir aider et épauler les gens pour qu’ils s’intègrent et trouvent un emploi», confie-t-elle.

Mais elle voulait plus qu’aider les jeunes et les nouveaux arrivants à trouver leur place dans la société montréalaise. L’Afrique l’attirait et l’envie de fonder sa propre entreprise la titillait. Une entreprise de microcrédit était ainsi tout indiquée pour elle.

Aujourd’hui, Antaline Dione fait des aller-retour entre la Belle Province et le Sénégal. Si son entreprise fonctionne bien, celle qui se décrit comme une citoyenne du monde s’établira définitivement en Afrique d’ici quel­ques années… tout en gardant un pied-à-terre à Montréal.

«Ça va être déchirant, dit-elle en pensant à son prochain déménagement. C’est important pour mon conjoint et moi de garder une attache au Québec. C’est ici qu’on a eu notre formation et c’est ici qu’on a notre vie, notre réseau social.»

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