Montréal
05:00 13 janvier 2009 | mise à jour le: 13 janvier 2009 à 05:00

Infirmière et super maman

Andréa Fuentes est sans aucun doute une fonceuse. Même si elle n’a pas eu la vie facile, cette mère de famille monoparentale arbore un grand sourire où rayonnent la passion pour son métier d’infirmière et l’amour qu’elle voue à ses trois enfants.

«Il y aurait assez de choses à raconter sur mon histoire pour écrire un roman! » ironise d’entrée de jeu la jeune femme de 33 ans.

Née à Montréal de parents chiliens, Andréa Fuentes grandit dans la métropole jusqu’à l’âge de 14 ans. Ses parents décident alors de retourner dans leur pays d’origine. Mais peu de temps après, la jeune fille vit un deuil lorsque son père meurt subitement.

Malgré cela, Mme Fuentes raconte avoir eu une adolescence heureuse au Chili. Y rencontrant son bien-aimé à 19 ans, elle a son premier enfant là-bas à 21 ans et se marie peu de temps après. Ayant subi un échec dans ses études en Technologie de l’industrie alimentaire, Mme Fuentes décide de revenir à Montréal avec son fils.

Un an plus tard, son mari l’y rejoint. S’étant découvert une passion pour les soins infirmiers en faisant du bénévolat à la maternelle de son garçon, Andréa Fuentes décide de retourner sur les bancs d’école pour devenir infirmière.

«Ce métier me donne le meilleur des mondes, affirme-t-elle avec passion. Je peux aider les gens, soulager leur souffrance grâce à la médication ou les soulager psychologiquement. Je peux donner.»

Mme Fuentes a ensuite deux autres enfants. Alors que son petit dernier n’a que deux mois, cette jeune maman voit son monde s’effondrer : son mari la quitte, la laissant seule avec ses trois enfants.

«J’étais dans ma bulle, se souvient-elle. J’étais avec mon amour de jeunesse, j’avais trois enfants, j’étais en train de réaliser mon rêve en étudiant pour devenir infirmière… Mon petit monde s’est écroulé.»

Ne jamais baisser les bras

La jeune maman ne voit qu’une seule issue à sa situation : ayant déjà une technique en soins infirmiers, elle décide de compléter un DEC-BAC dans ce domaine, pour pouvoir offrir ce qu’il y a de mieux à ses enfants.

«Je me suis dit que si je ne faisais pas mon bac maintenant, je ne le ferais jamais.»

Mme Fuentes vient maintenant d’entamer sa dernière session d’étude. «Concilier travail, famille et études, c’est très difficile», avoue-t-elle, ajoutant être très fatiguée à la fin de ses journées.

Malgré cela, la jeune femme ne reculerait pour rien au monde. «J’aime énormément mon travail, malgré tous les problèmes qu’il peut y avoir en ce moment dans le domaine de la santé et malgré des horaires de travail qui ne sont pas toujours bien adaptés à la vie de famille.»

Et avec tout cela, cette mère, étudiante et infirmière réussit à s’impliquer activement dans la communauté. En plus d’avoir été longtemps présidente de sa coopérative d’habitation, Mme Fuentes participe beaucoup à la vie active du CPE Saint-Michel, que ses trois enfants ont fréquenté. «Je donne beaucoup, mais je reçois aussi énormément, affirme l’infirmière. J’ai rencontré des gens géniaux à ce CPE. Les éducatrices, la directrice m’ont beaucoup aidée. M’impliquer, c’est ma façon à moi de les remercier.»

L’implication comme mode de vie

«On a une vie tellement folle que c’est important de s’impliquer, de faire autre chose que de travailler et de courir partout. C’est pourquoi j’essaie d’utiliser tous les petits moments que j’ai pour être présente le plus souvent possible à la garderie, avec mes enfants.»

À ceux qui vivent des moments difficiles, Mme Fuen­tes conseille de rester optimistes, ajoutant que le temps arrange les choses. «Même dans les plus mauvais moments, j’avais un objectif et j’allais droit devant. Il y a toujours une lueur devant soi. Tout est possible», affirme-t-elle avec conviction.

Son avenir, Mme Fuentes l’envisage sous un jour très positif. Terminant ses études dans quatre mois, elle pourra être plus présente auprès de ses enfants et rêve maintenant d’acheter une maison pour sa petite famille.

Articles similaires