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Pas de panique!

Loin de l’effondrement observé aux États-Unis, le marché immobilier montréalais devrait bien résister aux soubresauts causés par la crise économique au cours de l’année.

Le nombre de mises en chantier devrait diminuer et le prix des résidences pourrait fléchir légèrement, mais rien ne laisse présager une  correction importante du marché dans la région métropolitaine.

«Au Québec et à Montréal, le marché de l’immobilier ne laisse rien présager d’extraordinaire, en comparaison avec ce qui se passe aux États-Unis et dans le reste du Canada, a expliqué à Métro Daniel Gill, professeur à l’Institut d’urbanisme de l’Université de Montréal. Nous ne sommes pas en état de crise, mais plutôt en état de ralentissement.»

Selon la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL), le nombre de mises en chantier passera de 212 200 en 2008 à 178 000 en 2009. Le nombre de transactions devrait suivre un rythme similaire, alors que 433 375 ventes sont prévues en 2009, contre 452 225 en 2008.

«Au début du nouveau millénaire, le Canada a enregistré un nombre élevé de mises en chantier en raison de la demande refoulée qui existait à ce moment-là, a indiqué par voie de communiqué Bob Dugan, économiste en chef au Centre d’analyse de marché de la SCHL. Au cours des dernières années, cette demande a graduellement diminué.»

Marché maintenu
La firme de courtage immobilier Royal LePage a estimé, dans une analyse publiée hier, que le marché immobilier canadien subirait une correction au cours de la prochaine année qui ferait fléchir le prix moyen des résidences de 3 %.

À Montréal toutefois, la situation devrait être plus stable. Royal LePage prévoit une baisse de 1 % du prix moyen des résidences, «une correction cyclique acceptable et saine», selon le directeur provincial de Royal LePage, Dominic St-Pierre.

Dans le secteur des maisons unifamiliales, Unsal Ozdilek, professeur de stratégie, responsabilité sociale et environnementale de l’UQAM, prévoit plutôt une augmentation de près de 4 %.

«La crise économique n’a pas fait diminuer les prix, a précisé M. Ozdilek, qui a réalisé une analyse économétrique basée sur le prix de 30 000 maisons unifamiliales à Montréal depuis 2001. C’est plutôt le jeu de l’offre et de la demande qui a eu un impact.»

«Le Québec est plus épargné par la crise économique, a d’ailleurs rappelé Daniel Gill. D’abord, notre économie n’est pas basée sur l’automobile ou sur la production de ressources naturelles. En plus, comme nous sommes en situation de pénurie de main d’Å“uvre, les jeunes ménages peuvent trouver du travail plus facilement et toucher de meilleurs salaires. Avec les taux d’intérêt qui sont très bas et qui devraient le rester, toutes les conditions sont réunies pour que le marché immobilier se maintienne.»

Unsal Ozdilek croit toutefois que les acheteurs pourraient se faire plus frileux au cours de la prochaine année.

«Les gens risquent d’attendre avant d’acheter en voyant ce qui se passe aux États-Unis et en voyant leurs fonds de retraite diminuer», a-t-il estimé.

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