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La Gaillarde écrase les a priori

La Gaillarde, située au cÅ“ur du quartier Saint-Henri, à Montréal, n’a pas une façade tape-à-l’Å“il. La clientèle de cette friperie y est plutôt attirée par le bouche-à-oreille, fort efficace. La directrice, Annie de Grandmont, a pris les rênes  de l’entreprise il y a trois ans, alors que La Gaillarde devenait fébrile. Elle a voulu en faire un lieu vivant, tourné vers l’environnement et le social, dans un quartier souvent considéré comme difficile. «Ce sont les quartiers comme Saint-Henri qui ont besoin de nous», explique-t-elle.

Ainsi, la boutique ne fait pas que vendre des vêtements seconde main de bonne qualité. Elle sert aussi de lieu d’exposition pour de jeunes stylistes montréalais sensibles à la réutilisation des matières textiles. Tous les mois, un défilé de mode présente à près de 200 personnes les créations du moment. «Une vingtaine de designers exposent en ce moment vêtement et bijoux. En plus, ils ont accès aux machines à coudre de notre atelier», précise Mme de Grandmont. La boutique propose même des cours de couture à ceux qui souhaitent donner une seconde vie à leurs vieux vêtements.

En mission

Dès sa création en 2000, la friperie se donne la mission d’employer des ex-détenues en quête de réinsertion sociale. La marginalité de cette activité va pousser progressivement l’équipe actuelle à se donner une mission plus large. «La friperie n’attirait qu’une clientèle restreinte. Il fallait élargir nos compétences. Nous avons donc décidé de faire de la mode éthique grand public tout en préservant l’environnement», explique Clio Forsyth-Morrissette, écostyliste, membre du conseil d’administration depuis 2003. Depuis, le succès est au rendez-vous. En 2006, l’entreprise reçoit même le prix annuel Desjardins en développement durable. «Encore aujourd’hui, il y a beaucoup d’a priori sur la mode éthique, mais cela va en diminuant. Nous sommes là pour casser ces préjugés et montrer qu’en s’habillant avec des vêtements recyclés, on peut avoir du style», précise Annie de Grandmont.  

Sensibiliser au prix du vêtement

L’espace créateur ne propose que des produits uniques. Les prix varient de 5 à 250 $, de la jupe faite en chutes de tissu à la robe cravate, en passant par des boucles d’oreilles en verres de lunettes fumées. On y trouve aussi une section de vêtements bios et équitables neufs, produits à Montréal dans des entreprises favorisant la réinsertion sociale. «Nous voulons sensibiliser les gens au prix du vêtement. Si les créations que nous vendons ont un coût minime, elles ont quand même un prix. Il sert à rémunérer la main-d’Å“uvre. Pour n’importe quel magasin d’habillement, ce n’est pas le tissu qui est cher, c’est toujours la main-d’Å“uvre. Et si le vêtement est vendu à tout petit prix, c’est que la main-d’Å“uvre est mal payée», explique la directrice.

La Gaillarde s’est forgé une très bonne réputation dans son milieu. La directrice aimerait animer sa rue dans les prochaines années, avec la participation des autres commerçants d’un des plus vieux quartiers de Montréal. «Nous aimerions créer une association des commerçants de la rue Notre-Dame pour pouvoir mieux travailler ensemble à revitaliser ce merveilleux quartier.»

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