Chantal Rouleau se joint à Denis Coderre
C’est maintenant officiel. La mairesse de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles, Chantal Rouleau, délaisse le parti de Louise Harel, Vision Montréal, pour se joindre à celui de Denis Coderre.
«[Vision Montréal] ne correspond plus à ce qu’il fallait pour l’avenir de Montréal, a affirmé jeudi Mme Rouleau. J’ai pris la décision de prendre le bon véhicule pour avoir le pouvoir nécessaire. Si on veut changer les choses, si on veut bien faire les choses, il faut avoir les bons outils.»
«Avoir le pouvoir, c’est avoir le pouvoir de décider, a-t-elle ajouté. C’est le pouvoir de prendre de réelles décisions pour de vraies actions en fonction des vrais besoins des citoyens. C’est pour cela qu’on se présente en politique. Ce n’est pas pour être dans l’opposition. Ce n’est pas pour constamment se plaindre.»
Mme Rouleau était accompagnée des deux conseillers du district de Pointe-aux-Trembles, Suzanne Décarie et Gilles Déziel. Ces derniers ont aussi décidé de gonfler les rangs de l’Équipe Denis Coderre pour Montréal.
«Je veux avancer, je veux que ça bouge, je veux qu’on se donne des outils concrets, a confié de son côté Mme Décarrie. Je veux arrêter de faire du sur place, je veux arrêter de me chicaner pour rien.»
Lors de l’annonce de son départ, Chantal Rouleau a tenu à remercier Louise Harel, qui l’a encouragée à se lancer en politique. Elle l’a décrite comme étant «une grande dame». Elle a indiqué qu’elle n’a pas l’impression de l’avoir trahie en quittant Vision Montréal.
Denis Coderre a présenté Chantal Rouleau comme un «modèle d’intégrité». Il lui a confié le dossier de l’eau à Montréal. Mme Rouleau aura aussi son mot à dire dans le recrutement des nouveaux candidats du parti en vue des prochaines élections municipales. Elle a assuré que les personnes qui ont participé à la collusion et à la corruption à Montréal ne s’y retrouveront pas.
La chef de Vision Montréal, Louise Harel, a trouvé «déplorable» que trois de ses élus quittent pour le parti de Denis Coderre. «C’est un choix électoraliste qui repose sur le mirage des sondages qui, à cinq mois des élections peuvent considérablement se modifier», a-t-elle affirmé.
En même temps, elle s’est dite soulagée puisque le suspense qui entourait Chantal Rouleau durait depuis trois semaines et qu’il minait l’énergie du parti.
Mme Harel a décrit l’Équipe Denis Coderre pour Montréal comme étant «un bar ouvert» dont les membres ont des opinions contradictoires. Elle a renchéri en disant que le parti n’avait pas de programme politique.
M. Coderre a présenté jeudi quelques idées que défendra son parti. S’il est élu maire de Montréal, il veut entre autres rapatrier l’expertise à l’intérieur de la Ville, mettre fin à la règle du plus bas soumissionnaire lors de l’octroi de contrats et créer le poste d’inspecteur général qui surveillerait les contrats octroyés.
D’autres élus en réflexion
Au cours de sa réflexion, qui a duré près de trois semaines, Chantal Rouleau, a constaté que d’autres élus de Vision Montréal réfléchissaient, comme elle, à leur avenir politique.
- «Pour la suite des choses, ce sont les gens qui prendront leur décision», a-t-elle mentionné. Mme Rouleau n’a pas voulu se prononcer sur l’avenir du parti.
- Le Devoir rapportait jeudi que la responsable de la Culture au comité exécutif de la Ville de Montréal, Elaine Ayote, réfléchissait à son avenir. Depuis plusieurs mois, elle n’assiste pas aux réunions du caucus. Elle ne participera pas au congrès de Vision Montréal ce samedi. Louise Harel a indiqué qu’elle songe à se retirer de la vie politique.
- «Je parle à tous ceux qui veulent me parler», a dit de son côté Denis Coderre.
- Lors de leur congrès, en fin de semaine dernière, le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, a confié qu’il avait parlé à des élus de Vision Montréal pour les encourager à rejoindre son parti.