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Montréal-Nord en action

Catherine Girouard - Métro

Il y aura un an dimanche, tous les yeux du Québec étaient tournés vers Montréal-Nord. 365 jours après la mort de Fredy Villanueva et l’émeute qui s’en est suivie, ce quartier de près de 85 000 habitants tente encore de se débarrasser
des étiquettes qui lui collent à la peau. Portrait de Montréal-Nord, vu
de l’intérieur.

Poste de quartier 39. Trois policiers travaillent à l’accueil. Un citoyen est accoudé au comptoir, demandant des informations à l’un d’entre eux. Tout est plutôt calme. Nous sommes pourtant sur le boulevard Henri-Bourassa Est, au cÅ“ur du quartier mal-aimé de Montréal.

«Les débordements de l’an dernier à Montréal-Nord étaient la première émeute urbaine au Canada depuis bien longtemps, fait valoir Roger Bélair, commandant du poste 39. Cet événement a stigmatisé le quartier dans l’opinion publique et les médias.»

Selon M. Bélair, qui travaille dans le quartier depuis maintenant cinq ans, l’image donnée de Montréal-Nord ne correspond pas à la réalité. «Il y a eu un grand battage médiatique, qui a été fait à partir de perceptions et d’impressions plutôt que sur des réalités, déplore le commandant, qui n’hésite pas à dire que la plus grande faiblesse de Montréal-Nord est l’image qu’en renvoient les médias.

Pierre Allard, policier à Montréal-Nord depuis 1992 et agent sociocommunautaire depuis 1999, est bien d’accord avec M. Bélair. «Après les événements de l’an dernier, on a dit que les policiers de Montréal-Nord étaient racistes, qu’ils faisaient du profilage et qu’ils enquêtaient à outrance sur les jeunes, rappelle M. Al­lard. Si tu me dis que cela se passe à Saint-Ouin-Ouin, je te croirai peut-être. Mais si tu me dis que ça se passe ici, dans le quartier où je travaille depuis 17 ans, je n’en croirai pas un mot.»

Tourner le fer dans la plaie
Tout comme plusieurs grou­pes de Montréal-Nord qui lancent des appels au calme depuis deux semaines en vue de Hood­stock, un événement qui se veut rassembleur et positif et qui aura lieu ce week-end, les policiers du poste de quartier 39 trouvent dommage qu’on insiste sans cesse sur les blessures de Montréal-Nord.

«Il y a plein de belles choses qui se sont faites dans le quartier depuis des années, mais on ne parle pas de ça», dénonce le commandant.

«Il y a toujours deux côtés à une médaille, mais une seule est montrée pour ce qui est de Montréal-Nord, affirme pour sa part le policier Pierre Allard. On vient nous voir quand un jeune a fait une niaiserie; autrement, on ne parle pas de nous. Oui, il est arrivé des événements regrettables l’an dernier, et il y a des choses à faire pour que ça ne se reproduise pas. Mais il ne faut pas mettre tous les Å“ufs dans le même panier.»

La richesse d’une population
Roger Bélair est catégorique lorsqu’on lui demande qu’elle est la richesse de Montréal-Nord : ses habitants, rien de moins. Lorsqu’il parle de Montréal-Nord, il décrit un quartier riche en population, en cultures et en activités, qui déborde d’écoles et de jeunes qui ont envie de se prendre en main.

«Autant il y a de différences entre chaque pays, autant il y en a entre les quartiers de Montréal. Mais il n’y en a pas un pire qu’un autre», conclut M. Bélair.

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