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Justifiables, les sources anonymes

La chef de Vision Montréal, Louise Harel, s’est emportée au cours du week-end contre les sources anonymes qui ont permis à Rue Frontenac, puis à TVA et à Radio-Canada de mettre en lumière les liens entre son ancien lieutenant, Benoit Labonté, et le controversé homme d’affaires Tony Accurso.

Selon plusieurs intervenants du milieu médiatique pourtant, les sources anonymes demeurent souvent le seul moyen de rendre pu­blique une histoire explosive.

Fabrice de Pierrebourg, journaliste en lock-out du Journal de Montréal qui travaille présentement pour le site Ruefrontenac.com, a été le premier à révéler les rencontres passées entre Tony Accurso et Benoit Labonté.

Il lui aura fallu un mois pour interviewer une quinzaine de sources, la plupart anonymes, et publier sa série d’articles.

Louise Harel, bien qu’elle ait eu de bons mots pour le journalisme d’enquête, n’a pas été tendre envers les méthodes utilisées.

«Porter des accusations à visage caché n’a pas de bon sens, a-t-elle déclaré diman­che, lors de l’annonce de la démission de M. Labonté. La politique se passe dans les studios de télévision à visage découvert. Cette supposée crainte de représailles n’est pas justifiée dans la société où nous vivons.»

M. de Pierrebourg n’a pas apprécié la critique.

«Je trouve que c’est une tactique grossière qui consiste à entraîner le débat sur un autre terrain, a-t-il affirmé en entrevue à Métro, hier. L’histoire n’est pas de savoir qui m’a parlé, mais de savoir ce qui est reproché à Benoit Labonté et pourquoi Louise Harel a nié les faits révélés.»

La base du journalisme d’enquête

«Les sources anonymes sont souvent la seule façon de faire du journalisme d’enquête, a estimé André Béliveau, chargé de cours en journalisme à l’Université de Montréal. C’est une méthode de travail légitime.»

Antoine Char, professeur de journalisme à l’UQAM, est du même avis. «Les journalistes ont le devoir moral de sortir la nouvelle tout en respectant l’anonymat de leur source lorsque demandé, a-t-il assuré. Autrement, ils sont condamnés à couvrir des conférences de presse où la cassette est de mise.»

Vieille pratique
Plusieurs histoires qui ont marqué le milieu journalistique ont été dévoilées grâce à des sources anonymes. Il suffit de penser au Watergate, qui a mené à la démission du président américain Richard Nixon en 1974, ou au scandale des commandites, qui a bouleversé la politique fédérale au début des années 2000.

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