CHUM et CUSM: Le privé dans l'assiette
«En matière de services alimentaires dans les hôpitaux, le gouvernement choisit l’orientation profits plutôt que l’orientation santé», selon une étude de l’IRIS (Institut de recherche et d’informations socio-économiques) qui dénonce le recours à la privatisation et à la soutraitance.
Après avoir analysé les spécifications techniques déposées en vue de l’octroi des contrats par les deux futurs hôpitaux, l’IRIS, dont l’étude a été commandée par la CSN, dit craindre la perte de dizaines de postes. Les patients commanderaient en effet leurs repas par téléphone, et 65 % des mets seraient préparés à l’extérieur.
Incompatibilité?
«Rien ne permet de conclure qu’il est préférable de céder au secteur privé la gestion des services alimentaires […]. Les intérêts des multinationales qui accaparent les services alimentaires des hôpitaux ne sont pas compatibles avec ceux des collectivités», conclut l’étude réalisée par Guillaume Hébert.
Il cite des cas où le virage vers le privé a été un échec. Ainsi, à l’hôpital la Providence de Magog, le coût du repas aurait augmenté de 30 % en quatre ans et aurait baissé de 15 % dès que l’hôpital a repris en charge le service, d’après l’étude qui recense des cas identiques ailleurs au Canada.