Grève des chargés de cours de l'UdeM: Les négociations traînent en longueur
Les chargés de cours de l’Université de Montréal s’impatientent. Les négociations en vue du renouvellement de leur contrat de travail piétinent. «On trouve que ça traîne beaucoup, a lancé lundi la vice-présidente aux relations intersyndicales, Nicole Lavergne. Ça fait neuf mois que les négociations ont commencé, et l’université a très peu bougé.»
Armés de pancarte et de foulards, plus d’une centaine de chargés de cours ont manifesté lundi devant le pavillon principal de l’université, où devait se tenir en début d’après-midi une assemblée universitaire. Loin de vouloir céder, les enseignants souhaitaient affirmer leur volonté de négocier.
«Littéralement, on se promène avec nos oreillers et nos couvertures dans nos voitures parce qu’on est prêts à négocier jour et nuit. Et je ne caricature même pas», a insisté Mme Lavergne. La prochaine rencontre de négociation doit avoir lieu jeudi.
«Étudiants otages»
Métro a tenté de connaître le point de vue de la direction de l’université, mais celle-ci ne nous a pas rendu notre appel. La direction a déploré la semaine dernière par voie de communiqué le débrayage des chargés de cours déclenché le 24 février dernier, arguant que cela «pénalise près de 30 000 étudiants et risque de compromettre sérieusement le trimestre d’hiver».
Elle a également précisé que la dernière offre qu’elle a présentée était la meilleure possible, considérant son cadre financier. Cette offre patronale, qui comprenait des hausses salariales de 3,8 % et un accès amélioré aux auxiliaires d’enseignement, a été rejetée dans une proportion de 86 % par les chargés de cours.
Plus des trois quarts de ceux-ci ont indiqué la semaine dernière qu’ils étaient prêts à poursuivre la grève générale illimitée. La taille des groupes-cours, le salaire, la sécurité d’emploi et le statut des accompagnateurs en musique sont les principaux points en litige. Les chargés de cours sont sans contrat de travail depuis le 31 août dernier
Les conséquences
La lenteur des pourparlers exaspère les étudiants, les principales victimes de ce conflit de travail. Ne voulant nullement prendre parti dans le conflit, ils exhortent quotidiennement les chargés de cours et la direction de l’université à négocier et, surtout, à s’entendre.
«On oublie les conséquences de ce conflit sur les étudiants, qui doivent reporter le début d’un stage ou d’un emploi», a dénoncé le secrétaire général de la Fédération des associations étudiantes du campus de l’Université de Montréal, Nicolas Descroix. Celui-ci est confiant que les étudiants pourront terminer leurs cours – grâce à un réaménagement d’horaire – puisqu’il n’y a jamais eu d’annulation complète d’un trimestre.