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Manque de motivation pour retaper Saint-Laurent

Photo: Marc-André Carignan

Des commerçants du boulevard Saint-Laurent, à la hauteur du Quartier des spectacles, se disent découragés par le manque d’initiatives municipales pour les aider à redorer l’image de la Main.

Le propriétaire de l’édifice situé au 1420 Saint-Laurent, proche de la rue Sainte-Catherine, admet que la motivation pour rénover sa façade décrépie, qui a plus de 20 ans, n’est pas au rendez-vous. «On parle de phare culturel, d’innover ce quadrilatère important, mais tous les immeubles de la rue sont dans un état lamentable… ça n’encourage pas à passer à l’action», raconte l’homme qui a préféré garder l’anonymat.

Ce dernier précise toutefois être au courant que la Ville offre divers incitatifs financiers pour encourager les propriétaires à rénover leur façade. «Si je sens une volonté collective de revigorer la rue, je me lancerai», dit-il, soulignant qu’aucun représentant de la Ville n’est jamais venu le voir pour discuter de revitalisation.

Même son de cloche chez le commerçant Indiana. «C’est à travers les journaux que nous apprenons les désirs de revitalisation de la Ville, personne ne vient nous voir pour discuter des options, alors que nous sommes les premiers concernés», indique le gérant Jacques Aflalo.

Selon le propriétaire du célèbre Café Cléôpatre, John Zoumboulakis, la détérioration des lieux s’accentue avec les délais des projets immobiliers de la Société de développement Angus (SDA), comme le défunt Club Opéra, placardé et situé à côté d’un trou béant. M. Zoumboulakis qui a résisté à une expropriation l’an dernier, attend maintenant avec impatience ces nouveaux voisins pour «réveiller la Main».

Richard Bergeron, conseiller pour l’arrondissement Ville-Marie et chef de Projet Montréal, se désole de l’inaction municipale. «L’administration est tétanisée par l’ampleur du travail à faire sur cet axe, elle est figée», lance l’urbaniste de formation. Pour le candidat à la mairie, il faut une volonté politique pour convaincre le secteur privé d’aider la Ville à faire bouger les choses, une opération que M. Bergeron estime à plusieurs centaines de milliers de dollars.

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Du côté de la SDA, propriétaire des espaces qui seront éventuellement développés, on indique que des suggestions d’évènements provisoires sont les bienvenus. «En 2010, le comité du Quartier des spectacles nous avaient approché pour un projet de murale urbaine –Bombe sur la Main-,  c’est le genre d’initiative qui pourrait nous intéresser», souligne Marilou Hudon-Huot.

La ville passe à l’action
À la suite d’un texte publié par notre chroniqueur Marc-André Carignan, la ville de Montréal a réagit. Alors que M. Carignan déplorait l’état de façades autour du 2-22, de la salubrité des lieux et de la prolifération de graffitis, on lui a indiqué que plusieurs inspecteurs entamaient des vérifications. Sans pouvoir donner plus de détails, la Ville a tout de même identifié un gros problème pour l’élimination des graffitis : depuis début mai, 1500 demandes de service ont été dirigées au fournisseur externe, qui n’en a traitées que 200.

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