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La fin des permis de taxi?

Les Montréalais paient plus cher qu’ils ne le  devraient pour leurs transports en taxi, en plus de devoir composer avec des temps d’attente trop longs, selon l’Institut économique de Montréal (IEDM). Afin de corriger la situation, deux chercheurs de l’IEDM proposent, dans une étude publiée mercredi et dont Métro a obtenu copie, une déréglementation partielle de l’industrie afin de permettre une libre croissance de l’offre.

Le directeur de la recherche à l’Institut, Germain Belzile, et l’étudiant de maîtrise à la London School of Economics Vincent Geloso recommandent d’éliminer les restrictions sur le nombre de taxis mises en place en 1973 par l’imposition d’un permis de propriétaire. «Les seuls gagnants de ce système, ce sont les propriétaires qui étaient là en 1973 et qui n’ont pas eu à payer pour leur permis, a indiqué Vincent Geloso. Depuis, les propriétaires s’endettent pour obtenir leur permis, et les clients doivent faire les frais d’une offre qui n’a jamais suivi la demande.»

Les permis de propriétaire sont aujourd’hui limités à 4 445 à Montréal. En 1952, 4 978 taxis sillonnaient les rues de la métropole. Au cours des 10 dernières années, seuls 200 nouveaux permis ont été vendus dans tout le Québec. Conséquence de la rareté, le prix des permis frôle aujourd’hui les 200 000 $ à Montréal. «La situation actuelle est stérile, a expliqué Germain Belzile. Les propriétaires de taxi paient plus pour leur permis, donc ils s’assurent que les clients paient plus pour leurs déplacements. Tout le monde est perdant.»

Afin de rétablir un équilibre plus avantageux pour les deux parties, les chercheurs de l’IEDM recommandent de s’inspirer du cas de l’Irlande et de faire disparaître les permis de propriétaire. Ce faisant, l’endettement des propriétaires serait considérablement réduit, ce qui leur permettrait d’entrer et de sortir plus facilement de l’industrie. Le nombre de taxis augmenterait, et les clients profiteraient d’une industrie beaucoup plus compétitive et flexible. «Dans tous les endroits où l’industrie du taxi a été déréglementée, le temps d’attente a chuté et les prix ont baissé, a souligné M. Belzile. Nous n’avons pas de raison de croire que la situation serait différente à Montréal.»

Québec interpellé
Le gouvernement devra prendre les devants et initier une réforme de l’industrie du taxi, estiment le directeur de la recherche à l’IEDM, Germain Belzile, et l’étudiant de maîtrise à la London School of Economics Vincent Geloso. Selon des données compilées en Irlande, les économies réalisées grâce au temps gagné par les consommateurs et aux moindres prix exigés depuis la déréglementation en 2000 avoisinent les 800 M$.

Estimant que les intérêts de la majorité sont négligés, M. Geloso a enjoint Québec à considérer la déréglementation sans trop tarder. «Plus le gouvernement attend pour réformer l’industrie, plus il y aura de gens à compenser et plus la réforme coûtera cher», a-t-il expliqué. Car avant d’abolir les permis de propriétaires, le gouvernement devra trouver une façon de dédommager les chauffeurs qui ont déjà acheté leur permis à grands frais. «Ceux qui ont acheté leur permis de taxi il y a plusieurs années ont déjà gagné suffisamment d’argent. Ils n’auraient pas à être compensés, a indiqué Vincent Geloso. Pour les autres, il est difficile d’évaluer le coût que représenteraient les rachats de permis, mais ça ne serait pas une grosse somme puisque depuis 2000, seulement 200 permis ont été vendus.» Afin de financer ces compensations, les deux chercheurs ont notamment suggéré au gouvernement d’imposer une taxe temporaire sur les déplacements effectués en taxi.

À la recherche de revenus

Le Bureau du taxi et du remorquage de Montréal cherche aussi des solutions pour aider les propriétaires à augmenter leurs revenus. Parmi les solutions proposées figurent :

  • Une meilleure publicité pour l’industrie.

  • Un plus grand partenariat avec la Société de transport de Montréal (STM) pour le transport collectif dans des endroits non desservis par des autobus.

  • Le développement de nouveaux marchés, notamment auprès des personnes âgées et des personnes à mobilité réduite.

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