La raffinerie de Shell dans l'Est de Montréal devient un centre de distribution
MONTRÉAL – La pétrolière Shell a annoncé, vendredi, que sa raffinerie
de Montréal-Est sera transformée en centre de distribution, ses efforts
pour trouver un acheteur n’ayant pas porté fruit.
La direction de Shell a expliqué ne pas avoir réussi à s’entendre sur
la valeur des installations avec les deux acheteurs potentiels qui
avaient été identifiés par le comité spécial dirigé par l’ancien
ministre conservateur Michael Fortier.
La présidente de Shell Canada, Lorraine Mitchelmore, n’a pas voulu identifier ces deux acheteurs potentiels.
Shell a ajouté que la conversion en centre de distribution assurera l’approvisionnement continu du marché montréalais.
La décision survient après que Shell ait étudié plusieurs options pour
sa raffinerie de Montréal-Est, entre juillet 2009 et janvier 2010. Le
comité spécial avait été formé en février, et Shell acceptait les
offres jusqu’au 1er juin.
Plus tôt cette semaine, le syndicat représentant les quelque 500
employés concernés avait dit espérer qu’une entente de dernière minute
puisse être conclue.
Le maire de Montréal, Gérald Tremblay, avait quant à lui demandé à
Shell de donner à tout éventuel partenaire le temps nécessaire pour
conclure une entente permettant de sauver la raffinerie.
Cette raffinerie est la plus importante exploitée par Shell au Canada. Elle produit plus de 130 000 barils de brut par jour.
La transformation des installations ne devrait assurer le maintien que
d’une trentaine d’emplois. La raffinerie devrait recevoir sa dernière
livraison de pétrole brut en août et cesser ses activités en septembre.
Partout dans le monde, les grandes pétrolières intégrées mettent en
vente leurs activités de raffinage, dont les perspectives sont
incertaines, pour concentrer plus de ressources dans l’exploration et
la production du pétrole.
Plusieurs raffineries ont cessé leurs activités en Amérique du Nord et
en Europe et les nouveaux investissements dans le raffinage vont dans
les pays en développement, comme la Chine et l’Inde.
La raffinerie de Shell à Montréal a 75 ans et, comme toutes les
installations du genre, elle aurait eu besoin d’investissements pour
rester concurrentielle et se conformer aux règles environnementales.
Sa fermeture pourrait entraîner celle de la seule autre raffinerie de
Montréal, Suncor (Petro-Canada), avec qui elle partage les coûts
d’approvisionnement en brut par le pipeline de Portland.
Shell Canada, dont le siège se trouve à Calgary, appartient à Royal
Dutch Shell Group, géant britannico-néerlandais de l’énergie qui est
l’un des plus importants producteurs de pétrole et de gaz naturel au
monde, avec des activités à la grandeur de la planète