Des lockoutés veulent faire modifier le Code du travail
Les lockoutés du Journal de Montréal et la CSN demandent au gouvernement de Jean Charest de réformer le Code du travail afin d’éviter que des briseurs de grève viennent en aide à des entreprises soumises à une grève ou à un lock-out.
«Il faut que loi soit modernisée en fonction des nouvelles technologies», a affirmé mardi le président du Syndicat des travailleurs de l’information du Journal de Montréal, Raynald Leblanc, de passage à Québec. Selon lui, des briseurs de grève participent tous les jours à la production du Journal de Montréal, ce qui fait que les 253 syndiqués sont toujours sur le trottoir après 20 mois de conflit. Si ce n’était pas de ces dispositions «désuètes» du Code du travail, le conflit au quotidien de la rue Frontenac serait réglé, a précisé le président du syndicat.
«Il faut qu’on retrouve l’esprit premier de la loi, qui était de garantir une espèce d’équilibre entre les patrons et les syndicats pour se donner une vraie négociation», a indiqué M. Leblanc. Avec la présidente de la CSN, Claudette Carbonneau, Raynald Leblanc a remis mardi une pétition de plus de 24 000 noms au député du Parti québécois et porte-parole en matière de travail, Guy Leclair. Dans leur démarche, ils ont reçu l’appui de la chef péquiste Pauline Marois et du député de Québec solidaire, Amir Khadir.
Depuis 1977, des dispositions antiscabs sont incluses dans le Code du travail afin d’empêcher les employeurs d’embaucher des briseurs de grève pendant un conflit de travail. Le texte de loi précise que ces briseurs de grève ne doivent pas se trouver dans l’établissement en grève ou en lock-out.
Depuis 2009, le Syndicat du Journal de Montréal est devant les tribunaux où il argue que l’Agence QMI contrevient à la loi antibriseurs de grève. Après avoir été débouté en Cour supérieure, le syndicat a fait appel.