Maman les gros bateaux…
Sur le Bounty comme sur bien d’autres navires à la fin des années 1700, l’insulte suprême était: «son of a gun!», une insulte qui sous-entendait que votre mère vous avait conçu sur le dos d’un des canons du navire, et donc qu’elle avait des mÅ“urs légères. Bref, l’équivalent aujourd’hui de «son of a bitch!» Voilà le genre d’anecdotes croustillantes qu’on pouvait apprendre la fin de semaine dernière en visitant le Bounty. Ce dernier était amarré avec quatre autres grands navires dans le Port de Montréal pour l’événement Les grands voiliers sur les quais 2010.
Sur le Bounty, à l’époque, il y avait généralement une trentaine de marins, un mouton, un cochon et des poulets vivants, sans oublier le capitaine et ses lieutenants, un herboriste et un chirurgien. Même si elle était salée au préalable et gardée dans des tonneaux, la viande était presque inévitablement attaquée par les vers. Pour la «nettoyer», on mettait un poisson frais sur le dessus du baril. Les asticots, attirés par la chair fraîche du poisson, sortaient de la viande, permettant ainsi de récupérer les morceaux qui allaient être servis à l’équipage. Miam!
Aujourd’hui, dans la version moderne du Bounty, il y a plus de confort. Le navire, refait à l’identique, a été utilisé pour le tournage de Pi-rates des Caraïbes. Il sert aussi de navire-école, de bateau de croisière (150 $ par personne et par nuit) et aussi de lieu pour réunir son personnel. Bref, c’est une petite entreprise, car sinon, un bateau comme ça, ça pourrait vous vider un compte en banque!
Le Unicorne
Le Unicorne a ceci de particulier qu’il comprend un équipage composé uniquement de «marines». Ça n’existe pas comme mot, c’est la féminisation du mot «marin». Mais je suis surpris qu’aucune féministe n’y ait encore pensé! Autre signe distinctif, on y chante les commandes : «? Levez la grand-voile!» Sandra Morrow, la quarantaine, qui est volontaire sur le bateau pour une semaine, est ravie : «La marine, c’est surtout un truc de gars.
D’habitude, ils ne vous laissent pas beaucoup de place. Dans un équipage de femmes, il y a beaucoup moins de compétition et beaucoup plus de coopération. Je n’ai pas entendu un gros mot depuis le début du voyage!» Par contre, elle admet que la présence des hommes manque un peu au bout de cinq jours en mer. Le fait d’être montée à bord du Bounty a été bien agréable.